samedi , 2 juillet 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Habitat précaire</span>:<br><span style='color:red;'>Les familles squattant les dépendances des immeubles revendiquent leur relogement</span>

Habitat précaire:
Les familles squattant les dépendances des immeubles revendiquent leur relogement

Avec un mélange de sidération et de déception, des familles sinistrées, dont certaines occupent des caves depuis plus de deux décennies dans la cité Lescure, située dans le quartier Plateau St Michel, se sont rapprochés de notre journal pour exprimer leur désarroi face aux conditions de vie effarantes et effrayantes qu’elles endurent.

Nous sommes sordidement confrontés au calvaire des années durant et nos enfants sont constamment malades. Nous avons saisi vainement à travers des requêtes, les responsables concernés par ce volet pour attirer leur attention en vue de mettre un terme à notre délétère situation, qui n’a que trop perduré. Nous revendiquons notre droit légitime à un relogement ».
Ces familles interpellent une fois de plus les autorités locales à prendre en considération leurs doléances et de les inscrire dans le prochain quota de distribution de logements sociaux. Il importe de signaler que selon une source proche de ce dossier, 1.300 caves environ sont occupées illicitement par des familles à Oran.
La majorité de ces caves sont essaimées à travers les zones à forte densité de la population comme entre autres les quartiers de Yaghmoracen, USTO, Es Seddikia et Plateau St Michel. N’ayant pas d’autre choix, ces familles n’ont pas hésité à débourser de grosses sommes pour acheter une cave ou une pièce sur une terrasse en espérant que cela soit à titre provisoire et ce, en attendant d’être relogées.
La crise du logement et l’exode rural ont poussé un grand nombre de ces familles à occuper les parties communes des immeubles. Dépourvues du strict minimum des conditions de vie , pas d’aération, cohabitation avec les collecteurs de toutes sortes, taux d’humidité surélevé, odeurs nauséabondes provenant des réseaux d’assainissement, présence de rats et autres différentes espèces d’insectes, ces caves sont occupées par ces familles sinistrées au même titre que les anciennes buanderies sur les terrasses des immeubles.
Quelques mois auparavant, dans le but d’actualiser la base de données en prévision des prochaines opérations de relogement, une opération de recensement des occupants des caves a été menée par les services de la wilaya en collaboration avec des représentants de la daïra, de la commune et de l’Office de la promotion et de la gestion immobilière. Cette opération de recensement a ciblé les caves et les terrasses du centre-ville et les différentes cités implantées à travers les secteurs urbains de la commune d’Oran. Les résultats de ce recensement ont fait état de milliers de familles qui occupent les caves à Oran. Pour faire face à cette situation, les services de la wilaya auraient, selon nos sources, pris la décision d’assainir la situation de ces familles en procédant à l’élaboration d’une banque de données qui permettra de distinguer les nécessiteux des fraudeurs. Depuis ces familles attendent toujours avec impatience un éventuel espoir, synonyme d’un dénouement de leur situation. Celles-ci se sont installées généralement, notons-le, avec l’accord des habitants des immeubles, mais dans certains cas cela n’a pas empêché des escarmouches, qui ont opposé les locataires et les familles ayant squatté les parties communes des immeubles.
Notons également que la plupart de ces familles ont déposé des dossiers de demande de logements sociaux auprès des services de l’OPGI et attendent impatiemment leur tour pour être relogées. « Nous revendiquons légitimement de sortir de l’enfer dans lequel nous tentons de survivre avec nos familles» ont encore tancé nos interlocuteurs.
Rachid Boutlélis