mardi , 30 novembre 2021

Les futurs grands «ghettos» oranais…

Des dizaines d’habitants du nouveau pôle urbain Ahmed Zabana à Misserghine ont bloqué samedi dernier la circulation sur le 4ème périphérique près de l’entrée à leur zone d’habitat. Une action de protestation organisée, nous dit-on, pour dénoncer pour dénoncer la dégradation de leur cadre de vie et l’absence de toutes commodités et structures d’accompagnement. Selon des membres d’un collectif connu sous le nom de « Ahrar AADL », ce recours à la contestation affichée ouvertement fait suite à «la lassitude et au ras-lebol des habitants «confrontés à de nombreux problèmes, mais qui restent ignorés, voire méprisés par les responsables locaux concernés». Les coupures d’eau qui deviennent plus longues et plus fréquentes, les retards dans l’installation des compteurs de gaz de ville, les pannes fréquentes d’électricité, ont aggravé la situation dans ce pole urbain déjà marginalisé par l’absence « de transport et de sécurité ». Et pourtant, comme le soulignent bon nombre d’habitants, ce nouveau pôle urbain était censé devenir le berceau de la «nouvelle ville» d’Oran. C’était en tout cas dans les discours et les grandes promesses d’anciens dirigeants locaux, acteurs et complices du vieux système de prébende alors installé aux commandes du pays. Mais depuis quelques temps, ceux qui pensaient et espéraient qu’en matière de gestion des affaires locales les choses allaient enfin radicalement changer, semblent aujourd’hui déçus et frustrés face à l’ampleur des attentes sociales et des retards cumulés dans presque tous les domaines. L’eau potable, le gaz, l’électricité, le transport public, la voirie, l’hygiène publique et la collecte des déchets, sont autant de questions vitales pour la vie individuelle et collective, qui auraient dû, en principe, être prises en charge et étudiées avant même le lancement d’un projet d’habitat et l’implantation du chantier. A Oran, la plupart des nouvelles cités de relogement des sinistrés du vieux bâti et des occupants de bidonvilles recasés sont dépourvues de pratiquement toutes les commodités et structures de proximité permettant un minimum de confort et de sécurité. Un début de «ghettoïsation» dénoncé par des sociologues oranais qui pointent déjà du doigt un avenir urbain truffé de remises en cause, de révoltes et de violences urbaines incontrôlées. Il est vrai que l’on ne doit jamais dire «cela n’arrive qu’aux autres…»
Par S.Benali