mardi , 4 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Exportations hors hydrocarbures</span>:<br><span style='color:red;'>Les grandes faiblesses de l’administration du Commerce</span>
Port d'Alger © D.R

Exportations hors hydrocarbures:
Les grandes faiblesses de l’administration du Commerce

Le taux de consommation ridicule du Fonds spécial pour la promotion des exportations qui ne dépasse pas les 2% seulement, illustre sur sa faiblesse «dramatique» et renseigne sur les grandes contradiction qui traverse encore les centres de décisions, vraisemblablement ignorants des procédés à mettre en œuvre pour favoriser l’acte d’exporter.

Avec la priorisation, désormais vitale, de l’acte d’exporter, les pouvoirs publics vont enfin dans le détail du process et commencent à comprendre les failles dans la mécanique administrative et économique qui empêche le développements des exportations. L’une des manifestations les plus parlantes de l’échec des politiques publiques en la matière tient à la sous-exploitation «scandaleuse» du Fonds spécial pour la promotion des exportations (FSPE).
Doté actuellement de 39 milliards DA, cet instrument de soutien aux exportateurs nationaux est resté inerte en raison de problèmes bureaucratiques. C’est là une révélation du chef de cabinet du ministère du Commerce, Lyes Ferroukhi. Le responsable qui y ajoute la faiblesse des activités d’exportations régulières ne dit pas que cela est justement fonction des problèmes bureaucratiques.
Il faut savoir que le FSPE a été institué par la loi de finances de 1996. Il propose un remboursement partiel des frais de transport international, de même qu’une partie des dépenses engagées dans le cadre de la participation des entreprises algériennes exportatrices dans les manifestations économiques (foires, salons…), lorsque ces manifestations se déroulent à l’étrangers.
Le même responsable retient, lors d’une rencontre du Club export du World Trade Center Algérie, le taux de consommation ridicule de ce fonds qui ne dépasse pas les 2% seulement. «Nous avions diminué les ressources du fonds en 2015, mais malgré cela, il reste un solde extraordinaire qui est sous-exploité», a constaté M.Ferroukhi.
On notera la décision de réduction a été prise au moment où le gouvernement incitait les opérateurs économiques algériens à exporter. La faiblesse «dramatique» de ce fonds renseigne sur les grandes contradiction qui traverse encore les centres de décisions, vraisemblablement ignorants des procédés à mettre en œuvre pour favoriser l’acte d’exporter.
En attendant le chef de cabinet du ministère du Commerce préfère parler de faiblesse des activités d’exportations des entreprises publiques et privées relevant des secteurs industriels hors-hydrocarbures. Le constat expéditif du responsable confirme le peu d’intérêt accordé par les sphères dirigeantes aux exportations, dont M.Ferroukhi qui admet sur le bout des lèvre l’existence d’une certaines bureaucratie, lorsqu’il est interpellé par les chefs d’entreprises privées, présents à la rencontre. Il justifie le verrouillage du fond par le fait que ce sont des deniers publics et donc soumis à la comptabilité publique et pour y accéder, il faut constituer un dossier «un peu lourd».
Mais à 2% de consommation, ont déduit que le dossier en question est pharaonique. Que font les pouvoirs publics pour y remédier ? Ils lance une réflexion pour faciliter les procédures d’octroi des aides du FSPE. On en est encore au stade de la réflexion. C’est proprement inamissible pour un pays qui voit ses réserves de changes fondre à vu d’œil, en raison justement de la faiblesse de ses exportations hors-hydrocarbures. «Nous allons revoir le mode de fonctionnement du FSPE», a simplement dit M.Ferroukhi, sans avancer la moindre promesse, ni aucun échéancier.
Le représentant du ministère du Commerce, visiblement à côté de son sujet, s’est livré à un exercice oratoire sans objectif à concrétiser. «Nous allons certainement dégager des solutions qui iront dans l’intérêt des producteurs et exportateurs algériens. Nous avons toute une batterie de mesures notamment avec la Banque d’Algérie pour apporter les petits réglages et mises à jour sur les seuils, les montants et autres caractéristique relevant de la réglementation des changes», a-t-il avancé devant un parterre d’entrepreneurs restés sur leurs faim. M.Ferroukhi informe que quelque 300 entreprises réalisent des exportations hors hydrocarbures de façon régulière.
A rappeler que le FSPE accorde ses aides financières uniquement aux exportateurs qui réalisent un chiffre d“affaire à l“export ne dépassant pas les 10 millions de dollars, et ce, dans le but d“orienter davantage ces aides vers les entreprises peu expérimentées dans l“activité d“exportation.
Demeurant toujours marginales, les exportations hors hydrocarbures ne représentent que 5% des exportations globales du pays en s’établissant à moins de 2 milliards de dollars annuellement.
 A une question de la presse sur l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Ferroukhi a rappelé qu’actuellement l’Algérie demeurait un membre observateur de cette organisation. «Nous devrions peut-être organiser un round de négociations sachant que le dernier remonte à trois ans», a-t-il ajouté.
Alger: Smaïl Daoudi