vendredi , 7 mai 2021

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Les importateurs se frottent les mains

L’Algérie a exporté pour bien plus de deux milliards de dollars hors hydrocarbures. Ce n’est certainement pas suffisant. C’est même décevant. D’ailleurs, beaucoup de gens critiquent vertement le gouvernement pour cette performance très médiocre. Mais ce serait injuste de généraliser la critique, car il y a des fonctionnaires et des opérateurs économiques qui travaillent dur pour que ça avance. Même si l’impression générale qui se dégage, fait dire aux Algériens que le chiffre des exportations est la preuve que le pays fait du surplace, il faut tout de même souligner que des dizaines d’entreprises tentent quotidiennement l’aventure de l’exportation.
Cela, pour le côté positif de la communauté d’affaire algérienne. Celle-ci a bien évidemment une part d’ombre, sans doute responsable des mauvaises performances en matière de production et d’exportation et, surtout, dans les questions de surfacturation et autres importations de tout et de rien. Mais ces importateurs invétérés ne s’en cachent pas. Ils disent ouvertement leur préférence et argumentent : «Si je fabrique cette pièce localement, elle me coûtera douze centimes plus chère. Vous voyez donc qu’il n’est pas intéressant de produire en Algérie». C’est cela la «phrase-amiral» de cette faune de profiteurs qui ne manquent jamais de tomber à bras raccourcis sur l’Etat en l’accusant de travailler contre le patronat algérien.
Ce genre d’individus se comptent en centaines et se frottent déjà les mains après la suspension de l’importation de centaines de produits. Ce n’est pas demain la veille qu’on les verra mettre des costumes de producteurs. Après quelques années de disette, leurs affaires vont reprendre et les surfacturations aussi. Inutile donc de parler d’exportation. Pour ces pseudo-opérateurs économiques, l’exercice serait plus que périlleux. Tous ces messieurs sont à la tête d’entreprises familiales qui génèrent tellement de bénéfices que leurs enfants roulent en carrosse et se payent des vacances à Hawaï et dépensent l’équivalent de dix à quinze fois le SMIG en un mois.
Passons sur ces nouveaux patrons qui sont nés dans la culture du tout import et ne pensent qu’à engranger des dinars pour le dépenser en euro sous d’autres cieux. Il existe un autre type de patron. Oui, un exemple : il a hérité de son entreprise, créée il y a plus de soixante dix ans. Il affirme que ses produits sont de qualité supérieure, mais se plaint de la concurrence déloyale des importateurs. Ceux-là, ont eu le soutien de l’Etat durant deux longues années. Ils travaillent. Et c’est eux qui sortiront le pays du tout import.

Par Nabil.G