vendredi , 18 septembre 2020

Les marchés couverts abandonnés…

Plusieurs marchés de proximité réalisés dans des quartiers et communes de la wilaya, demeurent abandonnés, inoccupés par les marchands qui préfèrent occuper les trottoirs. A l’image du marché de l’USTO, réalisé comme tant d’autres pour éradiquer les espaces de vente informels qui n’ont jamais cessé de proliférer à travers les quartiers et les cités. Malgré les crédits dépensés pour réaliser ou réaménager ces marchés et réguler l’activité commerciale, certains sites, comme le marché de proximité de Haï Echahid Mahmoud à Hassi Bounif qui a coûté plus de 500 millions de centimes, reflètent cette fatalité de l’échec et de l’argent inutilement dépensé.

A Hassi Bounif, le marché abandonné est sans cesse la source de polémiques et d’accusations réciproques entre les responsables municipaux qui n’ont jamais su ou voulu, trouver une solution pour redonner vie à cette infrastructure commerciale et l’intégrer durablement dans l’activité de leur commune. Abandonné à la dégradation et au squatt par des bandes de délinquants et de marginaux de tout bord, ce marché reste pourtant pointé du doigt et revendiqué par des jeunes du quartier qui veulent redynamiser l’activité commerciale en se donnant la chance de se prendre en charge et d’exercer une activité digne permettant de subvenir à leur besoins. D’autres situations de ce genre existent ici et là à travers les communes. A Oran, au quartier Haï El Yasmine où une structure commerciale à l’abandon ne sert plus que de refuge aux malfrats et aux bandes de délinquants au lieu de servir de lieu de gagne-pain à des jeunes chômeurs en quête d’emploi.

Tous les résidents se demandent bien pourquoi cette infrastructure ne change pas de vocation pour qu’elle puisse au moins servir à une activité utile au cadre de vie collectif. Mais l’indifférence et le laxisme de certains gestionnaires élus ne pouvaient que favoriser l’abandon et la dégradation de bon nombre de ces structures commerciales qui ont même aujourd’hui, peu de chance d’attirer d’éventuels investisseurs. En attendant, le tissu urbain reste ici et là écorché par les images des points de vente anarchiques et illicites. A l’image d’une «ruralisation» forgée aussi, il faut l’admettre, par des mentalités et des comportements allant à contre-courant des efforts engagés pour le progrès et la modernité.

Par S.Benali