lundi , 12 avril 2021

...:
Les médias et la part des choses

Le monde de l’information est un univers assez particulier. Il exerce un « on-ne-sait-quoi » sur les consommateurs. On peut écouter la radio, voir les JT et lire les mêmes nouvelles sur son téléphone portable. Mais en ce début d’année, il y a lieu de constater que le Net est l’un des moyens pour se tenir informé, mais pas le seul. A côté, il y a la télévision, les journaux, qui, faut-il le préciser, abordent invariablement les mêmes sujets. Il se trouve cependant que plus on s’abreuve d’infos, plus on en veut. Cette impression de soif permanente est explicable en réalité. Si on veut toujours plus, c’est tout simplement parce qu’on a la nette impression que les médias ne disent pas tout, qu’il y a toujours un maillon qui manque. Que l’on soit sur le Net, face à la télé ou les yeux plongés sur un journal, on sent des points de suspension un peu partout.
Comme le cerveau humain fonctionne comme un ordinateur très performant, il pousse naturellement à récolter un maximum d’informations pour les analyser ensuite. Seulement, il y a des informations qui peuvent échapper, mais qui recèlent une importance capitale. Ce genre de nouvelles qu’un média est seul à reprendre. Une sorte de petit scoop. Ces informations échappent pour la simple raison que les autres journaux, la télévision et la radio ne s’y intéressent pas.
En Algérie, comme ailleurs, il y a le consommateur. Il s’agit là de l’Algérien d’en bas. Il y a la source qui se trouve être l’Algérien d’en haut. Aussi, il faut donc savoir qu’il y a deux types de nouvelles, celles que ceux d’en haut cherchent à cacher à tout prix et celle qu’on ébruite avec plaisir. On imagine bien que les responsables politiques du pays mettent le paquet pour diffuer, le plus largement possible, les nouvelles qui leur plaisent, dans l’espoir de voir le phénomène des haragas s’essouffler un tout petit peu.
Cependant, il faut reconnaître à la presse dite indépendante sa grande disponibilité à ne traiter que les mauvaises nouvelles. C’est sans doute son travail. Et c’est aussi le travail de la télévision publique d’insister sur « les grandes réalisations du gouvernement pour assurer une vie meilleure aux Algériens ». C’est là qu’intervient le cerveau. En assemblant les informations que donne la télévision publique et ceux que rapporte la presse écrite, on est bien obligé d’admettre que le spectre est quasiment plein. La morale de l’histoire : la démocratie et la liberté d’expression servent à faire la part des choses.

Par Smaïl Daoudi