lundi , 28 septembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>RÉUNION GOUVERNEMENT-WALIS</span>:<br><span style='color:red;'>Les messages-clés du président</span>

RÉUNION GOUVERNEMENT-WALIS:
Les messages-clés du président

Les sanctions ne s’arrêteront pas aux portes des présidents d’Apc, mais toucheront tous les secteurs. Dans ce sens, le président a annoncé des enquêtes en cours pour identifier les responsables des blocages concernant l’octroi des primes incitatives destinées aux travailleurs du secteur de la santé, mobilisées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Le chef de l’Etat a établi un diagnostic sans concession de la situation du pays, hier, devant les walis de la République. Le ton était ferme et les réalités mises en avant avec ses succès et ses échecs. Le Président Tebboune n’a pas fait de détour. Il a dit les choses avec la sincérité d’un patriote qui refuse les fausses excuses et les faux fuyants. Deuxième du genre, sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune, la réunion gouvernement-walis devait plancher sur ce qui a été mis en œuvre au niveau des zones d’ombre, la gestion de la pandémie Covid19, le développement économique local, la numérisation, la lutte contre la bureaucratie ainsi que les préparatifs de la rentrée sociale et de la sécurité des biens et des personnes. Un ordre du jour chargé, mais également une détermination présidentielle à toute épreuve. C’est donc sans détours que le chef de l’Etat désigne des «forces d’inertie» qui veulent instaurer une situation de chaos dans le pays.

«Il y a des forces d’inertie qui œuvrent contre la stabilité du pays et espèrent toujours parvenir à une situation de chaos dans le pays», a accusé le président de la République, non sans relever l’existence de «complicités à l’intérieur de l’Administration et que des enquêtes dans ce sens sont en cours». Ces enquêtes visent à savoir «qui a fait quoi ?» et «qui bloque ?», a-t-il ajouté. Dans cette guerre engagée par la nouvelle République, Abdelmadjid Tebboune s’adjuge le soutien de la société civile. «J’exige, pour la énième fois, pour qu’on associe la société civile et à l’aider à s’organiser», a lancé le Président qui a ordonné aux walis et aux élus locaux de «fournir tous les encouragements, les facilités et l’assistance nécessaires aux associations de la société civile qui souhaitent s’organiser et se structurer au niveau national, étatique ou régional».

L’association du mouvement associatif dans la gestion des affaires courantes des collectivités est une donne maîtresse dans la démarche présidentielle. Celle-ci repose essentiellement sur l’honnêteté et combat la rapine et la corruption. Et c’est dans cet esprit que l’Etat ne tolérera plus les comportements néfastes. Les suspensions prononcées avant-hier à l’encontre de chefs de daïra et de président d’Apc illustre cette volonté de lutte incessante contre la criminalité en col blanc.

«Des décisions partielles ont été prises (…) pour mettre fin aux fonctions de certains responsables locaux. Il ne s’agit que d’un début, car nous tiendrons pour responsables tous ceux qui ne parviennent pas à prendre en charge et résoudre les problèmes des citoyens», a affirmé le président de la République dans son allocution. Les sanctions ne s’arrêteront pas aux portes des présidents d’Apc, mais toucheront tous les secteurs. Dans ce sens, le président a annoncé des enquêtes en cours pour identifier les responsables des blocages concernant l’octroi des primes incitatives destinées au travailleurs du secteur de la santé, mobilisés dans le cadre de la lutte contre le coronavirus (Covid-19).

«Des décisions incitatives visant à encourager les travailleurs du secteur de la santé mobilisés contre le coronavirus ont été prises lors du Conseil des ministres», a rappelé le chef de l’Etat. Mais un douloureux constat est fait, à savoir le retard de trois mois accusé dans «l’application de ces décisions concernant l’attribution des primes incitatives destinées exclusivement aux personnels de la santé», dénonce le président. Dans ce tableau, jusque là critique, Abdelmadjid Tebboune apporte une note d’optimisme en louant les efforts de certains walis dans la lutte contre la propagation du Covid-19, affirmant, en revanche que de tels efforts n’avaient pas été enregistrés dans d’autres wilayas. Il reste, insiste le chef de l’Etat que ces même efforts «n’ont pas été palpables dans d’autres wilayas, parfois même dans l’intérêt à accorder au citoyen et à son environnement et dans la réalisation de ce qui était tracé pour l’amélioration du niveau de vie de millions de citoyens, vivant encore dans des zones d’ombres et presque à une autre époque comme s’il s’agissait là d’un destin scellé». Et d’ajouter : «Nous avons, ces six derniers mois, concentré le plus grand effort sur la lutte contre un facteur imprévisible, en l’occurrence la pandémie Covid-19 que nous avons pu, Dieu merci, garder sous contrôle grâce à nos scientifiques et nos médecins et à notre armée blanche de médecins, de paramédicaux et autres personnels de la santé».

Au plan politique, le président a fait une annonce majeure : «Je vous invite, dès maintenant, à vous préparer à l’étape du référendum (sur l’avant-projet de révision de la Constitution), afin de garantir les meilleures conditions et moyens matériels et psychologiques à même de permettre au citoyen d’avoir son mot à dire sur l’avenir de son pays». Pour le chef de l’Etat, «le changement revendiqué par le Hirak populaire est certes un changement pacifique, mais radical qui passe par la Constitution, le socle de l’Etat». En cas de refus populaire, «l’ancienne Constitution sera reconduite, avec la détermination d’opérer le changement», a soutenu le Président Tebboune.
Anissa Mesdouf