dimanche , 29 novembre 2020

Les oubliettes d’un système de gestion globalement défaillant

L’épidémie du covid-19, et les mesures de prévention dictées par le gouvernement, semblent servir de seuls arguments de taille pour expliquer et justifier tous les retards et anomalies qui depuis des années pénalisent des opérations et des projets inscrits au programme de développement local. A Oran, connue pour l’ampleur des déficits et de retards cumulés dans la réception des projets, certains acteurs aux commandes de quelques secteurs d’activité semblent bien heureux de saisir cette douloureuse «opportunité» du Covid19 pour couvrir leurs défaillances et leurs échecs parfois consommés depuis des années. C’est pour cela, expliquent les observateurs avertis, que les walis en poste sont le plus souvent obligés de se «transformer» en chef de chantier, devant lui-même visiter et contrôler tous les projets. Malheureusement, face aux contraintes, aux paradoxes et aux nombreuses insuffisances, à la fois dans la préparation et la maturation du projet, comme dans le contrôle et le suivi du chantier, les retards et les inepties se multiplient, parfois au gré du laxisme et de l’incompétence affichée dans l’impunité. On pourrait, pour illustrer le propos, citer un grand nombre d’opérations et de projets initiés, lancés, ou juste évoqués au chevet d’Oran et de sa «modernité» tant implorée. A l’image de cette fameuse carcasse de béton de l’ex-Château Neuf devant être reconvertie en locaux pour l’APC. Un projet initié il y a plus de 10 ans et qui avait même obtenu un premier financement par l’ancien chef de l’Etat lui-même au détour d’une visite à Oran. On a encore «appris» la semaine dernière, selon des sources reprises par la presse locale, que les travaux de restauration du siège de la grande mairie d’Oran «allaient être retardés» d’un an à cause de l’épidémie…». Sans vouloir remettre en cause la sincérité et l’intégrité morale des uns et des autres, il faut bien admettre que le retard enregistré par ce projet de réhabilitation du splendide édifice de la mairie est loin d’être dû à la seule présence du covid-19. Ce projet lancé il y a plus de cinq ans, souffre lui aussi de contraintes et de pesanteurs administratives bien difficiles à éradiquer. L’aménagement de la rue des Aurès, ex-la Bastille, la réhabilitation du Grand Hôtel, la restauration des vieux immeubles du centre ville, l’amélioration du cadre urbain dans les cités et les quartiers marginalisés, et bien d’autres dossiers accusant des retards et des inepties irréductibles risquent, grâce au covid-19, de s’enfoncer davantage dans les oubliettes d’un système de gestion globalement défaillant.
Par S.Benali