mardi , 20 octobre 2020

Les Planteurs: Un bidonville irréductible

Parmi les grands projets urbains qui trainent depuis des années figure en bonne place, celui de la restructuration et aménagement des quartiers de la zone Planteurs-Ras El Aïn, inscrit depuis des lustres au calendrier des pouvoirs publics. Les premières opérations de relogement et démolition de mansardes du grand bidonville ont été bien sûr lancées il y a près de huit ans déjà, et se poursuivent au rythme des quotas de logements dégagés pour cette opération spécifique. Mais on sait, malheureusement, que les maisons en tôle et en parpaing doivent être éliminées dans cette vaste zone de la Cité devant être rénovée ne cessent encore de «refleurir», et renaissent ici et là des décombres et des déblais qui n’ont même pas été dégagés après une action de démolition engagée. Il est vrai que de temps à autre, les services communaux, soutenus par les éléments de la force publique, procèdent à la démolition d’une mansarde, d’une plateforme ou de poteaux venant à peine d’être construits. Mais le plus souvent les nouvelles constructions illicites sont déjà occupées par de nouveaux squatters, des familles en quête de logement, qui compliquent l’acte de démolition conditionné par une évacuation des plus sensibles et difficiles. Surtout en cette conjoncture sanitaire marquée par un certain «relâchement» de l’action publique en matière de contrôle et d’application stricte des règlements et des procédures. On se souvient que l’ancien Wali, Mouloud Chérifi, avait tenté de mettre en place un «pacte» obligeant les occupants de bidonvilles à empêcher et à dénoncer eux-mêmes l’arrivée de nouveaux squatters, en contrepartie de l’accélération de la procédure d’affectation de logements neufs aux habitants concernés. Une tentative vouée à l’échec en raison de multiples facteurs liés notamment aux pratiques mafieuses de certains acteurs qui activent sur le créneau de la vente des parcelles de terrain et de maisons érigées illicitement sur le domaine public. Au final, et malgré les premières idées, études, et initiatives lancées par les pouvoirs publics pour réaliser notamment des projets d’habitat collectif dans les parcelles récupérées après démolition, le quartier des Planteurs n’a pas «changé de visage». Il s’est même ici et là enlisé dans un décor sordide d’insécurité et de non-droit, confirmant la légendaire fatalité des échecs qui pèse sur la Cité oranaise….
Par S.Benali