jeudi , 4 mars 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Suspension de l’importation de certains produits </span>:<br><span style='color:red;'>«Les producteurs nationaux doivent combler le manque»</span>
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Suspension de l’importation de certains produits :
«Les producteurs nationaux doivent combler le manque»

Le gel de l’importation de 851 produits, dès janvier 2018, est un bon signe pour l’économie nationale, estime Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) qui s’interroge sur la capacité des producteurs nationaux à combler ce manque. 

«On constate sur le marché l’absence de beaucoup de produits de l’importation mais, en revanche, les usines nationales n’ont pas augmenté leur production», a indiqué le président de l’ANCA hier lors d’une conférence de presse organisée au siège de son association à Alger. Selon lui, la réduction des importations doit être accompagnée et soutenue par une forte production nationale pour ne pas se retrouver face à une situation, où la demande dépasse l’offre, qui ouvrirait par la suite la porte à la manipulation des prix. «Il faut une alternative pour combler le vide des importations», a-t-il dit, avant d’appeler les producteurs à faire un produit de qualité. Il s’agit, selon lui, de la nécessité d’assurer une meilleure qualité et de maintenir la stabilité des prix. «La balle est dans le camp des producteurs algériens».
Par ailleurs le conférencier a réaffirmé que le prix de la baguette ne va pas augmenter, car on attend toujours les résultats de la commission mise en place par le ministère du Commerce. Il a rappelé qu’une étude a été faite dernièrement dans six wilayas et le prix réel de la baguette de pain était à 10,8 DA. Dans ce contexte, Hadj Tahar Boulanouar, a proposé plusieurs solutions pour plafonner le prix de la baguette et assurer une marge de bénéfice aux boulangers, soulignant que ces derniers ont recommandé de produire une farine spéciale pour le pain et ce, pour éviter le détournement de la farine subventionnée dans d’autres activités, tout en contribuant à améliorer la qualité de la baguette.
D’ici quelques semaines, souligne le conférencier, le ministère va étudier nos propositions en collaboration avec les représentants des minoteries.
Au sujet des marchés du gros, le conférencier a estimé que la hausse des prix des produits «est due au manque, voire à l’inexistence des marchés de gros en alimentation générale» ajoutant que «le pays, aujourd’hui, ne possède aucun marché de gros en alimentation générale. Le peu qui existe, selon lui, baigne dans une anarchie totale. C’est l’exemple du marché de Semmar (Gué de Constantine). Alors que ce dernier est considéré comme l’un des plus importants du pays, il se trouve qu’il n’est pas n’est pas approprié pour l’activité commerciale», a déploré l’orateur, soulignant que ce lieu ne répond à aucune règle de commercialité, d’hygiène et de sécurité alimentaire.
Alger: Noreddine Oumessaoud