lundi , 18 janvier 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Présidentielle, partenariat public-privé, clan au pouvoir…</span>:<br><span style='color:red;'>Les quatre vérités d’Ouyahia</span>
© D.R

Présidentielle, partenariat public-privé, clan au pouvoir…:
Les quatre vérités d’Ouyahia

«Je suis un homme qui a une certaine valeur et d’avoir eu le privilège d’être aux côtés du Président Bouteflika dans la sphère politique, d’avoir fait partie de ses équipes plusieurs fois et d’avoir été le plus proche de ses collaborateurs dans l’exécutif pour la troisième fois».

Le secrétaire général du RND a définitivement tranché la question de l’élection présidentielle. En tout cas, pour ce qui le concerne, Ahmed Ouyahia a choisi la traditionnelle conférence de presse qu’il anime au lendemain de chaque Conseil national de son parti pour mettre un terme aux rumeurs qui circulaient sur sa prétendue prétention présidentielle. L’homme était on ne peut plus clair sur le sujet. «Je ne me porterai pas candidat à la présidentielle de 2019 contre le Président et il aura tout mon appui s’il se présente pour un cinquième mandat», a affirmé le secrétaire général et néanmoins Premier ministre.
Le propos de Ahmed Ouyahia se veut logique est cohérent. Il rappellera les rapports de confiances qui le lient au chef de l’Etat, arguant des nominations de hautes fonctions de la République, dont directeur de Cabinet et Premier ministre. «Par considération personnelle, je suis un homme qui a une certaine valeur et d’avoir eu le privilège d’être aux côtés du Président Bouteflika dans la sphère politique, d’avoir fait partie de ses équipes plusieurs fois et d’avoir été le plus proche de ses collaborateurs dans l’exécutif pour la troisième fois», a-t-il soutenu.
Ce serait illogique qu’il décide de se présenter contre le Président, après avoir soutenu son action durant les quatre mandats à la tête de l’Etat. Il y a donc dans l’attitude du SG du RND, une cohésion dans le discours et une fidélité assumée.
Il reste qu’au delà de cette question politique, le premier responsable du RND, fait une sorte de pré-bilan de la fonction qu’il occupe depuis quelques mois. «Même si je n’ai rien fait depuis ma désignation à la tête du Gouvernement, j’ai pu au moins faire sortir les Algériens de l’illusion de l’aisance financière», lance-t-il, histoire de rappeler aux Algériens qu’il a été appelé pour gérer une situation difficile. Laquelle situation ne devrait pas souffrir de polémiques stériles qui, à l’entendre, n’ont pas d’issues. Répondant aux interrogations des journalistes, concernant une prétendue mésentente avec le président de la République, l’ayant amené à boycotter la conférence sur la transition énergétique en Algérie, organisée par le Forum des chefs d’entreprises (FCE), et à la rencontre d’orientation nationale des présidents des Assemblées populaires communales et de wilayas, organisée par le ministère de l’Intérieur, M. Ouyahia a avancé des «engagements au sein du Gouvernement», ajoutant qu’en sa qualité de Premier ministre «il n’est pas tenu d’assister à l’ensemble des rencontres sectorielles». Autant dire donc que les lectures des «observateurs» étaient fausses et exagérées.
Toujours dans le registre de la brouille présumée, M.Ouyahia a indiqué qu’il n’y avait pas de «lutte de clans au sein du pouvoir», assurant qu’au sein de «l’appareil de l’exécutif, il n’y en a pas et il ne peut y en avoir, car, cet appareil a un chef».
Cela, pour les aspects politiques. Concernant le volet économique, la très médiatisée charte pour le partenariat public-privé qui a fait couler beaucoup d’encre est, aux yeux de Ahmed Ouyahia un «document référentiel» qui doit être appuyé par une loi. Pour ce qui concerne la récente actualité en rapport avec le PPP, il dira que «le président de la République Abdelaziz Bouteflika, a donné une instruction de subordonner tout partenariat à son accord». Commentant une question d’un journaliste, selon laquelle, il aurait été «rappelé à l’ordre» par le président de la République, M. Ouyahia a fait observer que «le Président n’a pas besoin de me rappeler l’ordre. Il m’a nommé et peut me démettre».
Sur d’autres questions abordées par la conférence de presse, le SG du RND a réitéré les positions traditionnelles de son parti, notamment sur la question du voisin marocain, dont il confirme ses propos sur la guerre qu’il mène à Algérie en l’inondant de drogue.
«Le haschisch ne vient pas d’Afghanistan», ajoutant que «tout le monde connaît la provenance de ces substances toxiques en Afrique du Nord». Ouyahia est resté très ferme sur le sujet. «J’avais dit en tant que secrétaire général du parti, que j’appliquerai la peine de mort contre les trafiquants de drogues, si la décision me revenait» a–t-il insisté.
Alger: Smaïl Daoudi