vendredi , 18 juin 2021
<span style='text-decoration: underline;'>L’impact causé par la pandémie a été brutal pour le secteur</span>:<br><span style='color:red;'>Les restaurateurs de la pêcherie d’Oran dans la zone rouge</span>
© Ouest Tribune / Lazreg

L’impact causé par la pandémie a été brutal pour le secteur:
Les restaurateurs de la pêcherie d’Oran dans la zone rouge

Après une brève euphorie qui n’aurait duré en tout et pour tout, pas plus de cinq jours, soit juste après la fin du mois de ramadhan, les restaurateurs de la pêcherie d’Oran, broient désormais du noir face à la désertion des clients habituels ou occasionnels.

La désillusion est totale confiera un restaurateur de père en fils, dont l’activité subit une baisse violente du chiffre d’affaires, depuis l’apparition de la pandémie du covid 19. A 13 heures, la salle de restauration, habituellement pleine à craquer du temps des beaux jours, soit avant l’arrivée de la pandémie, était désespérément vide, nous montrait, dépité, le restaurateur, angoissé quant à son avenir et de celui de ses employés, dont le nombre avait été drastiquement réduit, faute d’entrées financières.
L’impact causé par la pandémie a été brutal pour ce secteur d’activité, provoquant une panique générale chez les restaurateurs après plusieurs mois de fermeture. La reprise, tant espérée après la levée de nombre de restrictions, n’a pas arrangé les choses puisque le client, se fait rare, lui aussi budgétairement impacté par l’épidémie. La même angoisse est visible chez la majorité des restaurateurs de la pêcherie, fortement secoués par la crise sanitaire, lesquels se disent être face à un véritable dilemme qui met en danger leurs activités.


En effet, une simple virée à la pêcherie oranaise a suffi pour constater le marasme et la détresse des gérants de ces commerces qui tentent fatalement d’attirer les clients de passage. D’ailleurs, le passager est impressionné par le nombre d’employés plantés devant les devantures des restaurants, parfois au milieu de la chaussée, l’invitant, vainement, à s’y attabler. Aussi, il n’est pas difficile de se rendre compte de la rareté du client, en jetant un coup d’œil aux parkings auto, eux aussi, désertés. Beaucoup d’entre ceux interrogés parmi les propriétaires ou gérants des restaurants, l’attente pour la relance de leur activité est psychologiquement et financièrement épuisante, dans la mesure où, l’amortissement des pertes ne sera pas pour demain. Les chiffres d’affaires ont été divisés par trois, voire par quatre depuis la réouverture, pour ceux qui ont eu la chance de voir pointer quelques rares clients, pendant que d’autres, enregistrent, certains jours, zéro client. Se relever des contrecoups de cette pandémie sera difficile, avoueront quelques restaurateurs, tout en confiant que l’espoir reste permis. Pour peu aussi que le prix du poisson revienne à un niveau raisonnable, rétorquent-ils.


Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, en raison de la rareté du produit. Les mandataires d’Oran n’offrant plus la quantité voulue en poisson à cause de la pêche archaïque qui a pratiquement tari le fond marin, autrefois poissonneux, les restaurateurs sont contraints de se rabattre sur les fournisseurs de Beni Saf, Témouchent ou encore Ghazaouet, qui fixent les prix qu’ils veulent et auxquels sont ajoutés les coûts de transport et de réfrigération.
Proposé à 1500 Da, le plat de poissons frits «mélange», dont la contenance a copieusement rétréci, n’est pas accessible à toutes les bourses, reconnaissent certains restaurateurs qui avouent s’aligner sur leurs collègues, pour compenser les pertes financières occasionnées par plusieurs mois de non-activité. Un état de fait qui n’est pas pour encourager la relance, mais la loi du marché sur la vente du poisson semble imposer son diktat. Quoiqu’il en soit, les jours à venir seront déterminants pour l’avenir de certains commerces de la pêcherie oranaise.

Karim.B