samedi , 27 février 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Exportations hors hydrocarbures</span>:<br><span style='color:red;'>Les secteurs qui sauveront l’Algérie</span>

Exportations hors hydrocarbures:
Les secteurs qui sauveront l’Algérie

Le secteur récent sur lequel repose l’espoir de l’Algérie, pour se placer en leader africain est bien entendu l’électronique. Les deux ou trois leaders nationaux qui, malgré un passage à vide très dur, sur les deux années 2019 et 2020 refusent de baisser les bras et se relancent ces derniers mois vers l’exportation.

La contraction historique du marché pétrolier internationale fait sérieusement éloigner toute perspective rapprochée d’un sérieux rebond des chiffres des exportations de l’Algérie. Mais cette baisse de voilure du secteur des hydrocarbures rend bien plus visible les efforts à l’export des autres secteurs d’activité. Même si les performances relèvent du niveau artisanal, en comparaison avec ceux des voisins immédiats de l’Algérie, elles n’apportent pas moins l’espoir de peser sur la balance du commerce extérieur du pays. Le président de la République avait placé, souvenons-nous, la barre à 5 milliards d’exportation hors hydrocarbures, à l’échéance fin 2021. Cette perspective, bien que difficile à atteindre en raison de la progression de la pandémie mondiale de la Covid-19 et de la contraction de tout le commerce mondial, n’est, toute fois, pas impossible à approcher sur les seuls produits où l’Algérie a déjà un pied à l’étrier et a montré un avantage comparatif certain.
Parmi les produits éligibles à l’export, avec en prime, un rapport-qualité-prix imbattable en raison du bas coût de l’énergie, les observateurs retiennent l’industrie cimentière qui a pu performer sur les 5 continents. On en veut pour preuve, le cimentier LafargeHolcim qui a récemment bouclé son premier million à l’exportation de Ciments & Clinker et Mortiers. Ainsi, en plein Covid-19 et une sérieuse baisse de la croissance mondiale, LafargeHolcim a expédié de depuis au Sénégal, 40.000 tonnes de Clinker et 600 tonnes de ciment gris vers le Niger pour une commande totale de 20.000 tonnes. A l’horizon 2021, LafargeHolcim compte doubler ses exportations à 2 millions de tonnes.
En attendant l’industrialisation de logistique qui est le passage obligatoire qui permettra à l’Algérie de s’imposer sur le marché international du ciment et du clinker, afin d’exporter les 10 Millions de tonnes par an qui généreront plus de 400 Millions USD/An, les opérateurs versés dans l’export se comptent aussi dans le secteur public. Ainsi, on citera à titre d’exemple, une récente opération d’exportation de 40.000 tonnes de ciment brut (clinker) lancée depuis la Société des ciments de Ain El Kebira (SCAEK), au nord de Sétif, du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA) vers l’Etat Dominicain, en Amérique du sud. La Société des ciments d’Ain El Kebira a contribué une quantité de 550.000 tonnes de clicker, exportés depuis début 2020 vers des pays de l’Afrique et de l’Amérique du sud. La quantité de clicker produite par la SCAEK destinée à l’exportation devra atteindre à la fin 2020 environ 750.000 tonnes, selon les prévisions arrêtées par les responsables de la Société.
La même dynamique est également observée dans l’industrie sidérurgique où le turc Tosyali à partir d’Oran et le Qatari Qsteel, à partir de Bellara ont parvenu à réaliser des opérations d’exports assez régulières ces derniers mois. L’objectif assigné à ces deux complexes est de placer l’Algérie dans le club fermé des pays sidérurgiques. Un défi visiblement à portée de main, si l’on croit le rythme en progression de la production et des exportations.
Sortie de ces deux secteurs de l’industrie lourde, on pourrait parler de désert en Algérie. Ce pourrait être vrai, sauf que l’immense potentiel de l’agriculture nationale commence à montrer des signaux probants de capacités d’intégration de marché étrangers, notamment européens. Les chiffres réalisés restent ridiculement bas, mais tous les clients de l’Algérie attestent de l’excellente qualité des produits algériens. Sachant l’impossibilité d’espérer un équilibrage de la balance commerciale, par d’autres moyens que le développement des exportations agricoles, les expériences qui se mènent aux quatre coins du pays son encourageantes de l’avis même des clients de l’Algérie.
Le secteur récent sur lequel repose l’espoir de l’Algérie, pour se placer en leader africain est bien entendu l’électronique. Les deux ou trois leaders nationaux qui, malgré un passage à vide très dur, sur les deux années 2019 et 2020 refusent de baisser les bras et se relancent ces derniers mois vers l’exportation. Stream System, Iris et Condor n’en démordent pas et remettent leur machine en marche. Le premier s’est réintroduit dans le marché sud-européen et envisage de monter en gamme et en qualité pour grignoter des parts de marché. Stream n’a pas choisi la voie facile, mais cela consolide sa posture dans le futur, notamment avec la zone de libre échange africaine. Iris qui s’est lancé dans le pneu a formidablement réussi son affaire et a déjà opéré à l’étranger, aux Etats Unis.
Quant à Condor qui était leader national de l’électronique, a récemment expédié, pas moins de 23 conteneurs de ses produits. Présent dans l’export, depuis 2017, a déjà exporté vers de nombreux pays d’Afrique, ainsi qu’au Maghreb. Son chiffre d’affaires à l’export s’est monté à 70 millions de dollars durant les deux dernières années. Le groupe a récemment inauguré une nouvelle ligne de production des lampes LED et de la production des panneaux solaires.
Yahia Bourit