mercredi , 25 novembre 2020

Les vertus du discours sur la rupture et le changement…

Initiée au début de l’année 78, réalisée et livrée en 1988 dans des conditions d’études et de finition exécrables, la zone industrielle de Hassi Ameur à Oran, qui s’étend sur une superficie de plus de 300 hectares, est un autre exemple notoire illustrant l’ampleur du laxisme et le culte de la médiocrité qui gangrène depuis des lustres la stratégie de développement local. Cette zone industrielle, réalisée sans même être dotée d’un réseau d’assainissement, est depuis longtemps confrontée quotidiennement au rejet de centaines de mètres cubes d’eaux usées. Depuis une trentaine d’années, on assiste, impuissants, aux rejets d’eaux sales et noirâtres et aux odeurs nauséabondes affectant gravement l’environnement local. Une situation que le Wali d’Oran, en visite jeudi dernier sur le site, ne pouvait que condamner, s’engageant évidement à y remédier dans les plus brefs délais. D’autant plus que ce déversement d’eaux usées constitue un risque majeur de contamination de la nappe phréatique. Un autre vieux dossier sorti des tiroirs par le Wali en poste, est celui de la remontée des eaux sous-terraines dans la zone d’Es-sénia. Un phénomène connu et évoqué lui aussi depuis plus de trente ans, mais qui n’a jamais été sérieusement pris en charge ni donc réglé, malgré les crédits souvent affectés et consommés, notamment, par l’ancien Wali Kouadri, il y a presque une trentaine d’années, qui avait initié et lancé des opérations pour le drainage des eaux sous- terraines qui, provoquaient lors de leur remontée en surface, des inondations même sur le tissu urbain de la Commune d’Es-Sénia. Et la semaine dernière, on apprenait qu’une enveloppe financière de 40 milliards de centimes dégagée pour financer les études et la réalisation d’une opération devant permettre l’élimination définitive du phénomène. Il s’agira, explique-t-on de réaliser 5 puits et une station de pompage. Commentant cette actualité locale, nos «mauvaises langues» attitrées se demandaient surtout pourquoi les anciens décideurs qui se sont succédé à la Wilaya d’Oran n’ont pas été capables de résoudre ces problèmes qui durent depuis des décennies. «En quoi l’actuel wali en poste peut réussir, là où d’autres avant lui se sont cassé les dents avant d’abandonner, de renoncer, face aux inextricables contraintes bureaucratiques et au laxisme chronique qui a perverti les sphères de gestion des affaires locales..?» C’est là une interrogation que l’on entend souvent dans la bouche des observateurs les plus pessimistes qui ne croient pas aux vertus des discours sur la rupture et le changement…
Par S.Benali