lundi , 18 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>3e jour de campagne électorale pour les Législatives du 12 juin</span>:<br><span style='color:red;'>Les vieux routiers face aux jeunes loups</span>

3e jour de campagne électorale pour les Législatives du 12 juin:
Les vieux routiers face aux jeunes loups

Tout ce beau monde devra trouver les mots justes, la bonne posture et surtout le programme idoine pour convaincre les Algériens de l’importance de voter massivement pour hâter l’avènement de la nouvelle Algérie.

A son troisième jour, la campagne électorale qui a consommé, hier, son premier week-end a pris un début, disons-le prometteur, compte tenu du contexte politique de l’heure. L’élément nouveau tient dans la dynamique des jeunes candidats et le discours politique renouvelé, estiment les observateurs de la scène nationale qui mise sur l’effet nouveauté pour colorer une campagne électorale, bien partie pour animer la vie publique d’ici au jour J. L’analyse des politologues qui suivent les interventions des leaders partisans, comme des indépendants anonymes, repose sur la nette évolution du cadre réglementaire. Il faut savoir, en effet, que les formations politiques sont soumises à une réglementation qui n’autorise aucune prébende à une quelconque liste. Tout le monde est sur le pied d’égalité, la législation est allée jusqu’à mettre tous les candidats sous le même régime. Le meilleur n’est pas le mieux placé sur la liste, mais celui qui saura convaincre les électeurs. Cet aspect des choses contribue très largement à la cadence que prendra la campagne au fur et à mesure de son avancement. Cette spécificité a obligé les partis à ne pas compter sur leurs bases militantes, puisque la majorité des formations politiques ont inclus des noms en dehors de leur structures, avec l’intention de renforcer leurs listes électorales et surtout élargir leur audience auprès de la société civile.
On retiendra à titre d’exemple le MSP ou du parti de Jil Jadid qui affichent de grandes ambitions et ne s’en cachent pas. Leurs candidats ne se sont pas contentés d’apparaître sur les réseaux sociaux, puisqu’ils ont investi le terrain et semblent vouloir prendre de court les autres adversaires. Pour le MSP, le plus important pour le prochain rendez-vous électoral est d’œuvrer à «convaincre les Algériens d’y participer, car le boycott ne servirait que ceux qui ne veulent pas que le pays change». De son côté, Jil Jadid estime que «le boycott ouvre la voie au retour de l’ancien régime». L’un et l’autre sont très motivés, au même titre que les dizaines de partis et les centaines de listes indépendantes. En effet, pour les partis politiques qui participent aux élections législatives pour la première fois, à l’instar du parti Sawt Echaâb, le font sans un complexe particulier. Le fougue juvénile qui portent leurs listes leur donne l’ambition de figurer «à l’avant-garde». Sawt Echaâb est un exemple parmi tant d’autres. On pourra retenir dans la longue liste des partis engagés dans la campagne électorale, Talaie El Hourriyet qui affirme avoir pris une décision «responsable» en participant à ses premières élections législatives après avoir boycotté les précédentes et s’être contentée de participer aux élections locales de 2017 comme première expérience.
Concernant les vieux routiers de la politique, la situation n’est pas nouvelle en apparence, mais les militants aguerris s’attendent à pas mal de surprises. Ils savent que les jeunes loups qu’ils auront en face ont plusieurs tours dans leurs sacs. Outre qu’ils doivent assumer un passé récent, aujourd’hui critiqué, ces vieux routiers ont conscience de la nécessité d’affirmer leur programme dans un nouveau paysage politique qui n’est pas en leur faveur. Il y a quelque part du courage de leur part et surtout des jeunes qui figurent sur leurs listes électorales, vu qu’ils partent sur un passif difficile à remonter. Leur premier défi consiste à assumer les transformations et les changements auxquels ils sont exposés. Cela est une exigence de l’heure, à même de leur donner assez de souffle pour aller jusqu’ au bout d’une campagne et espérer maintenir une présence respectable au sein du pouvoir législatif.
Tout ce beau monde devra trouver les mots justes, la bonne posture et surtout le programme idoine pour convaincre les Algériens de l’importance de voter massivement pour hâter l’avènement de la nouvelle Algérie.
Yahia Bourit