jeudi , 22 octobre 2020

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L’essence de toute campagne

La campagne électorale entre dans son quatrième jour. Les cinq candidats semblent trouver leur rythme au fur et à mesure que les jours passent. Ali Benflis et Abdelkader Bengrina ne ménagent pas leurs montures et enchaînent les rencontres et les manifestations. Les trois autres candidats quant à eux sont loin d’être de simples spectateurs et vont, eux aussi, à la rencontre de leurs sympathisants et des citoyens.
Il faut dire que cette première prise de contact fait presque office d’œuvre pédagogique. En effet, les prétendants à la magistrature suprême veulent surtout convaincre de l’impérieuse nécessité de la tenue de cette élection présidentielle qui est la seule issue capable de répondre aux attentes et revendications du peuple, mais aussi la voie la moins coûteuse pour le pays qui ne peut plus se permettre de perdre encore du temps à rallonger à l’infini la crise dans laquelle il se trouve depuis quasiment prés d’un an maintenant.
Bien sûr, et c’est là la règle des jeux, les candidats promettent beaucoup de choses à chacun de leurs meetings. Des promesses que semblent leur reprocher certains. Pourtant, c’est là l’essence même de toute campagne électorale. Car un candidat qui ne fait pas rêver, qui ne se montre pas capable de pouvoir déplacer les montagnes, ou tout au moins d’en donner l’impression, est un candidat perdant d’avance et qui n’a pas sa place dans ce monde impitoyable qu’est le monde de la politique. Ça se passe ainsi en Algérie, et ça se passe aussi ainsi dans tous les pays du monde. Donc il n’y a pas de raisons pour s’offusquer outre mesure que cela face aux déclarations des candidats en lice.
Nous sommes dans une compétition, peut être la plus ouverte de toute l’histoire du pays, et les candidats ont ce devoir de séduction qu’ils savent capital et primordial pour réussir leur campagne, et de là s’ouvrir les porte du palais d’el Mouradia. Les promesses électorales ne sont pas faites pour être honorées, mais pour garder la flamme de l’espoir. Car au final de tout ce qui a été promis en campagne, il en restera très peu. Et ce peu est déjà le socle sur lequel peuvent se construire les grands changements à venir.
Car il est sûr que l’Algérie ne peut plus être gouvernée comme elle l’a été par le passé, et cela les candidats à la présidentielle du 12 décembre l’ont bien compris et intégré à leur logiciel. Les dernières expériences vécues par notre pays et le sursaut du 22 février renseignent sur quelque chose de capitale. Rien ne se fera sans l’adhésion du peuple et surtout rien ne se fera sans la ferme résolution d’aller vers un changement profond des modes de gouvernance pratiqués jusque là. Autrement dit, notre salut ne viendra que de l’instauration de cette deuxième république vers laquelle nous tendons tous.

Par Abdelmadjid Blidi