dimanche , 28 février 2021

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L’Europe, l’Afrique et la migration

La visite du président du Conseil des ministres italien à Alger, peut certainement être appréciée sous l’angle des relations bilatérales. Alger et Rome ont tant de choses à faire et tant d’intérêts communs à sauvegarder. Il reste cependant, que M.Conte est prioritairement préoccupé par la question de l’immigration clandestine. A ce titre, il n’est pas seul. Il vient apporter les espoirs de nombreux pays européens. Même si l’Italie est actuellement la mal-aimée de l’Europe occidentale, il est néanmoins clair, qu’elle partage objectivement le même souci avec ses «sœurs-ennemis», la France et l’Allemagne. On peut pousser même plus loin l’intérêt occidental pour les migrants africains, en ce sens que la question des «haragas» revient systématiquement dans toutes les réunions qui regroupent les pays de la rive nord et ceux de la rive sud de la Méditerranée. Ainsi, les pays dits des 5+5, (Espagne, France, Italie, Malte, Portugal + Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie), souligne régulièrement l’importance du dossier. Et chaque émissaire d’un des pays du nord vers l’un de ceux du sud est l’occasion de reposer la question et tenter de trouver un moyen de protéger l’Europe occidentale de la «déferlent» des jeunes africains.
Les cinq pays européens qui disposent d’une façade sur la Méditerranée, sont déjà «assommés» par le poids de la crise économique et voudraient sans doute que leurs voisins du sud partagent avec eux la «gestion» de ce gros problème qui, crise oblige, prend des proportions importantes et intervient fortement dans le débat politique interne à ces sociétés occidentales. Ces dernières hésitent de moins en moins à pointer l’immigré du doigt, l’accusant d’être derrière tous leurs malheurs. La xénophobie avec son lot de poussée raciste au sein des institutions élues de ces pays, dont l’Italie, fait craindre le pire. Car, lorsque le mal nourrit le mal, la catastrophe n’est pas loin.
Le bassin méditerranéen qui, faut-il le souligner, vit une situation de grande fragilité, avec trois pays en phase de reconstruction, un pays en guerre civile et un Etat sous domination israélienne sur son flanc sud et plusieurs pays en quasi-cessation de paiement sur sa rive nord, a plus que jamais besoin d’un esprit d’entraide et de solidarité. Mais quels sens peuvent avoir ses mots, lorsque pendant longtemps le nord a pillé et méprisé le sud. M.Conte saura-t-il répondre à cette question ?

Par Smaïl Daoudi