mercredi , 23 septembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>A 24 HEURES DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE</span>:<br><span style='color:red;'>L’insoutenable attente des candidats</span>

A 24 HEURES DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE:
L’insoutenable attente des candidats

Ils savent qu’ils jouent leur crédibilité politique et chacun espère décrocher le quitus populaire. Ils sont d’ailleurs déjà dans l’ambiance du vote, puisqu’ils sont accrochés à leur téléphone prenant des nouvelles des opérations de vote qui ont déjà débuté dans l’émigration et les zones reculées de la République.

A quelques 24 heures de l’ouverture des bu reaux de vote pour l’élection présidentielle, la scène nationale bouillonne de débats entre ceux qui veulent en faire la fête de la démocratie et ceux qui estiment que le scrutin n’est pas la solution. Les deux opinions s’expriment à travers des marches populaires et des «tiraillements» dans le cyberespace. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’à la veille du vote et pendant tout le temps qu’a duré la campagne électorale, aucun incident grave n’a été enregistré à travers tout le territoire national. Les Algériens ont su rester pacifiques, d’un côté comme de l’autre. Et aujourd’hui, tout porte à croire que dans l’ensemble du pays, les opérations de vote se dérouleront dans le calme et la sérénité, même si le débat demeure par moment tendu entre les pros et les antiprésidentielle.

Les cinq candidats qui ont tenté, 21 jours durant, de convaincre un maximum de citoyens, sont présentement dans leur permanence, entourés de leurs proches collaborateurs et attendent avec une pointe d’impatience l’ouverture des bureaux de vote. Ils savent qu’ils jouent leur crédibilité politique et chacun espère décrocher le quitus populaire.Ils sont d’ailleurs déjà dans l’ambiance du vote, puisqu’ils sont accrochés à leurs téléphones prenant des nouvelles des opérations de vote qui ont déjà débuté dans l’émigration et les zones reculées de la République. En effet, les Algériens ont déjà commencé à voter. Ceux de l’émigration ont «ouvert le bal» dès samedi dernier. L’on a, certes, enregistré quelques incidents dans certains centres de vote, en France notamment, mais cela n’a pas affecté le déroulement général de l’opération, sortie du week-end, les opérations se sont poursuivies dans une ambiance assez détendue dans la quasi-totalité des sites ouverts par les consultants pour la circonstance.

Les échos qui parviennent d’Europe, font état d’un dépassement des incidents. Ainsi, le coordonnateur de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Kazi-Tani Abdelkader, a qualifié, hier, à Marseille, la participation des membres de la communauté nationale établie dans les 5 circonscriptions consulaires du sud de la France au scrutin pour la présidentielle du 12 décembre de «flux régulier et permanent». M. Kazi-Tani a indiqué que la participation des ressortissants algériens établis à Bordeaux, Marseille, Nice, Toulouse et Montpellier, a bel et bien eu lieu, même si ce n’est pas le «rush habituel» pour des considérations liées notamment «aux tentatives des opposants à la tenue de l’élection et la grève des transports qui a paralysé la France ces jours-ci». Il a néanmoins, insisté que le fait que «tout a été mis en oeuvre» pour permettre aux 145.000 ressortissants d’accomplir leur devoir à travers les 52 bureaux de vote dans 29 départements, mobilisés dans toute la zone sud, dont les «bureaux délocalisés ». Ce qui a été constaté au sud de la France, est également enregistré dans tous les autres centres de vote de par le monde.

Cela, pour la communauté algérienne établie à l’étranger. Pour ce qui concerne les populations des zones éparses, les électeurs ont commencé à voter, avant-hier au niveau des bureaux itinérants. Hier encore, les opérations de vote se déroulaient tout à fait normalement. Dans pas mal de zones reculées dans les wilayas du sud, à l’instar d’El Oued, le vote a débuté hier matin, dans de «bonnes conditions» et les électeurs parmi les populations nomades, ont commencé à affluer pour glisser leur bulletin dans l’urne.

Après avoir accompli leur devoir électoral, plusieurs citoyens ont motivé leur vote par une volonté de contribution à la construction d’un Etat moderne à travers des pratiques démocratiques, et seul moyen de préserver la stabilité et la sécurité du pays. C’est dire que le processus est lancé et le finish de ce marathon politique unique en son genre en Algérie, interviendra aujourd’hui. Le grand enjeu tient au taux de participation qui répondra à pas mal de questions et donnera, le cas échéant, au prochain président, la crédibilité et la légitimité nécessaire pour engager les réformes politiques profondes que la rue réclame depuis le 22 février dernier.

Nadera Belkacemi