jeudi , 29 octobre 2020

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L’irréversible processus

Il est plus qu’évident aujourd’hui que le dialogue, s’il ne fait peut-être pas encore tout à fait l’unanimité, il est, néanmoins, plébiscité par la majorité des Algériens. Le temps presse pour tout le monde et la situation de ni crise, ni solution ne peut durer éternellement. En tous les cas, l’évidence du moment, c’est que l’option de la constituante n’a plus sa place.
Les défenseurs de cette option de la constituante ont tenté le coup, jouer leur carte, mais ils ont manifestement échoué. Qu’ils le reconnaissent aujourd’hui ou font semblant d’y croire toujours, il n’en demeure pas moins, qu’ils sont bien seuls sur la scène. D’ailleurs ils sont déjà en train de changer de braquet. Même au sein de leur clan politique, les avis ne sont plus aussi unanimes que cela, et certains parlent, timidement peut-être, déjà du dialogue menant à la présidentielle, même s’ils avancent pour cela des préalables à mettre en place.
Il faut dire que le panel de Karim Younes, malgré les débuts difficiles et confus, a su avancer avec intelligence et une conviction assumée. Leur positionnement clair, en expliquant sans aucune ambiguïté, qu’ils ne sont ni les porte-parole du pouvoir, ni les représentants du hirak, mais des facilitateurs de dialogue, leur a donné, le temps aidant, un crédit certain aux yeux de l’opinion publique nationale.
L’engagement des membres du panel, nonobstant la défaillance des premiers jours de certains, et la venue de personnalités qui ne se sont jamais acoquinées avec l’ancien régime, a donné plus de crédit au travail de cette équipe, qui a un cap bien précis et qu’elle mène avec beaucoup de tact. A l’exception des quatre partis de l’ex-alliance présidentielle (le FLN et le RND) considérés plus comme faisant partie plus du problème que de la solution, auxquels elle a fermé ses portes, elle s’est dit prête, et l’a confirmé par les actes, à discuter avec toutes les forces vives du pays, que ce soit la société civile, les organisations de toute sorte, les partis ou les associations.
En ratissant aussi large, le panel a fini par s’imposer comme le meilleur moyen par lequel doivent passer toutes les étapes de ce dialogue qui au bout se concrétisera par l’organisation des élections présidentielles, et ce bien sûr, après avoir mis en place les meilleures conditions possibles pour permettre aux Algériens de choisir leur président qui sera, à ne pas douter, le premier président de la République qui sortira d’urnes réellement transparentes et démocratiques, comme on en a jamais eu auparavant.

Par Abdelmadjid Blidi