mardi , 4 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>A J-2 de l’Aïd El Adha </span>:<br><span style='color:red;'>L’odeur de la fête est absente</span>

A J-2 de l’Aïd El Adha :
L’odeur de la fête est absente

Personne ne peut jurer de ce que feront les Algériens. Mais en tout état de cause, tous les citoyens interrogés par Ouest Tribune, mettent en évidence le goût amer qu’a cette fête, de même que l’Aïd El Fitr et le Ramadhan.

Les Algériens se préparent à célébrer, après demain, un Aïd El Adha, unique dans les annales de cette fête religieuse. Pas de visites familiales, ni la prière de l’Aïd. Seul le rite du sacrifice du mouton est maintenu.
C’est dire que l’ambiance est très loin d’égaler celle des années précédentes où à cette époque de l’année, toutes les villes et tous les villages du pays sentaient bon l’arrivée de la plus importante fête pour les musulmans. Jusqu’à hier, les scènes de groupes d’enfants trainant leur mouton, jadis très présentes à deux jours de l’Aïd sont, cette année, très rares. Même les marchés à bestiaux, ouverts un peu partout par les autorités locales, n’attirent pas les foules. La tradition veut, cependant, que les espaces dédiés à la vente des moutons soient pris d’assaut la veille du jour J. Mais les professionnels du secteur parlent néanmoins d’une baisse des volumes de vente à hauteur de 30%. Du jamais vu depuis l’indépendance du pays. Il est évident que la déprime que connaît désormais le monde de l’élevage d’ovins est en rapport direct avec la crise sanitaire. Et pour cause, le dilemme qui s’est imposé aux Algériens avec la propagation des cas de Covid-19 et l’amputation d’une partie importante du rituel accompagnant l’Aïd, a lourdement pesé sur la décision de beaucoup de familles de surseoir, cette année, au sacrifice.
Il reste qu’à deux jours du rendez-vous, personne ne peut jurer de ce que feront les Algériens. Mais en tout état de cause, tous les citoyens interrogés par Ouest Tribune, mettent en évidence le goût amer qu’a cette fête, de même que l’Aïd El Fitr et le Ramadhan.
Pour toutes ces occasions religieuses, les fidèles se sont vus obligés de passer outre toute la saveur fraternelle que dégageaient habituellement les rendez-vous religieux.
Vu sous l’angle du citoyen, l’Aïd El Adha de cette année ne remplira pas toutes ses promesses. Mais pour les autorités publiques, l’occasion mobilise tout le monde.
Policiers, vétérinaires, agents de nettoiement…, bref, le même dispositif est strictement reproduit, avec en prime un système de permanences qui concernera des dizaines de milliers de commerçants, de pharmacies et d’unités de production. C’est ainsi que la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a tracé un plan de sécurité prévoyant une adaptation et un renforcement du système de travail des équipes opérationnelles afin d’assurer une couverture sécuritaire partout dans les lieux publics et espaces ouverts.
Covid-19 oblige, les policiers auront la mission de veiller à l’application des mesures du confinement partiel à domicile dans les wilayas concernées, de l’interdiction du trafic routier inter-wilaya à l’exception du transport des personnels et marchandises ainsi que du contrôle des personnes présentant des autorisations.
La gendarmerie déploiera un plan comparable, avec l’objectif, pour l’une comme pour l’autre, de garantir un Aïd El Adha dans les meilleurs conditions de sécurité.
Les Algériens qui n’ignorent pas les consignes de prévention contre le coronavirus, devront trouver le moyen de célébrer la fête du sacrifice, sans sacrifier aux gestes barrages. Pour l’heure, tous ceux approchés par Ouest Tribune et qui affichent leur intentions de sacrifier le mouton, disent avoir prévu cette contrainte. A quelques jours de l’Aid El Adha, force est de constater qu’on n’enregistre pas de comportements négatifs de la part des Algériens, mais reste à savoir si durant l’Aïd ce niveau de conscience sera renforcé.
Nadera Belkacemi