jeudi , 22 octobre 2020

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L’«œuvre» occidentale

L’Irak traverse ces derniers jours une autre crise majeure. Elle est d’un autre genre. Ce ne sont pas des groupes terroristes, mais les services de sécurité qui tuent des dizaines de personnes. Des jeunes Irakiens sont tombés, mortellement blessés, lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Les manifestants soulevaient des revendications sociales. C’est dire que tous ces morts viennent rappeler que l’«œuvre» de démocratisation de l’Irak par l’administration Bush, n’a rien fait d’autre que de provoquer une situation chaotique au point où l’Etat n’arrive même pas à contenir les manifestations que par la violence meurtrière. Ce qui arrive à ce pays après tant de drames doit être médité par tous les autres peuples qui ont vécu des épisodes d’ingérences dans leurs affaires internes. La Libye et la Syrie risquent de connaître les mêmes affres, dans les toutes prochaines années ou peut-être même avant.
Tout le monde sait, en effet, la part active prise par la France de Nicolas Sarkozy dans la destruction de la Libye, comme tout le monde savait le malheur qu’avait provoqué Gorges Bush en Irak et en Afghanistan. Si l’on avait posé la question aux électeurs français ou américains sur le rôle que devrait jouer leur pays dans les pays du tiers-monde, ils seraient unanimes à parler de paix, d’entre-aide, de transfert de savoir-faire et de technologie… Il verrait d’un très bon œil un apport concret et positif de leurs dirigeants en direction de ces pays. C’était ce qu’avaient vendu Sarkosy et Bush à leurs opinions publiques.
Après les invasions, les guerres fratricides et les horreurs du terrorisme, deux autres dirigeants français et américains sont venus «rectifier» le tir. Mais il suffisait de comparer les discours électoraux des présidents Hollande et Obama avec leurs politiques sur le terrain pour comprendre que les électeurs ont été trompés. L’œuvre de destruction se poursuivait méthodiquement. Il faut dire qu’en matière de politique internationale, les Etats n’écoutent pas leurs peuples. Ils suivent bêtement un calendrier mis en œuvre ailleurs. Et ils le défendent avec la conviction d’un politicien obnubilé par un intense désir d’exercer le pouvoir quitte, pour ce faire, laisser aux vestiaires tous les grands idéaux humanistes.
L’«œuvre» américaine en Irak, continue de provoquer des morts violentes de jeunes Irakiens. Celle de la France en Libye, n’est pas prête d’être achevée. Elle se terminera peut-être par un gouvernement «hors-sol», comme à Baghdad, qui n’hésitera pas à tirer sur la foule, à la moindre manifestation de mécontentement. La Libye a affaire à Macron et Trump. Ces deux présidents ne commentent même pas les violences. Ce n’est plus leur affaire…

Par Nabil.G