lundi , 12 avril 2021

Logements: remise en cause des urgences et des priorités

L’année 2017 fait partie du passé. Et 2018 prend le relais pour égrener une nouvelle tranche de vie collective, porteuse elle aussi de promesses, d’espérances partagées, mais aussi de craintes, d’angoisses et de colères exprimées ou refoulées au gré des attentes et des quêtes incertaines d’un avenir plus radieux. Oran, engagée dans le pari de réussir les jeux méditerranéens de 2021, est plus que jamais impliquée par une «course au temps» implacable devant sanctionner les résultats et les efforts engagés en matière de progrès et de modernité.
Il est vrai que depuis ces dix dernières années, des projets ont été réalisés et des actions ont été lancées devant permettre à la Cité de renforcer son statut de métropole méditerranéenne et de redorer son blason terni par les déficits, les retards et les carences marquant la prise en charge du cadre urbain. Mais, malgré les efforts et les crédits colossaux engagés par l’Etat dans tous les secteurs d’activité, trop d’anomalies et insuffisances ne cessent de s’accumuler, pénalisant le fonctionnement de la capitale oranaise et l’harmonie de son cadre de vie collectif. Hier encore, pour l’exemple, on apprenait que sur instruction du Wali, des travaux seront finalement lancés pour sécuriser les virages dangereux de la Corniche supérieure par la pose de muret en béton.
Pourquoi fallait-il attendre qu’un bon nombre de véhicules chutent dans le fossé, causant parfois la mort d’un passager, pour se rendre compte de cette nécessité. Trop souvent, le manque de maturation de certains grands projets génère des erreurs et des inepties coûteuses, parfois difficiles à rattraper. Du chômage au logement, en passant par le transport, l’hygiène publique, le cadre urbain ou encore la hausse vertigineuse des prix, la nouvelle année qui s’installe, offrira sans doute elle aussi son lot d’inquiétudes et de revendications. On ne peut évidemment pas oublier qu’en 2007, il y a déjà dix ans, presque toutes les rues du quartier El Hamri et d’autres endroits de la cité étaient occupés et bloqués par les sinistrés du vieux bâti qui érigeaient des tentes et des baraques de fortune sur la voie publique pour réclamer un logement décent.
La situation allait nettement s’améliorer après le lancement tant attendu de vastes programmes de relogement des familles qui, pour certaines, rêvaient d’un logement neuf depuis plus de trente ans. Mais, le dossier reste encore loin d’être définitivement réglé. On sait que durant l’année 2016 écoulée, des dizaines de familles mal-logées, se sont souvent rassemblées devant le siège d’une daïra ou d’une APC pour demander leur inscription sur la liste des heureux concernés par les opérations de relogement. Des opérations qui ne peuvent cacher l’amère réalité du terrain oranais marquée par des retards dans l’avancement des projets et des paradoxes hallucinants dans la politique de distribution des logements. Une politique de recasement de plus en plus contestée par un grand nombre de familles oranaises qui, à tort ou à raison, remettent en cause les urgences et les priorités dans le choix des affectations et l’implantation des projets…

Par S.Benali