lundi , 17 mai 2021

Loin d’être joué

Les prochaines élections législatives finiront elles par redessiner la carte politique algérienne ? C’est la grande question qui se pose à la veille de ces élections que l’on annonce comme le grand tsunami qui attend la topographie partisane telle que nous l’avons connue depuis l’avènement du multipartisme, au lendemain des événements d’octobre 1988.
On crédite surtout, selon certains observateurs, les deux grands partis qui ont gouverné le pays jusque là, à savoir le FLN et le RND, d’une disparition annoncée ou tout au moins d’un avenir incertain. Beaucoup ne justifiant leur hégémonie, pendant tout ce temps là, que grâce au système des quotas et à des élections bien loin d’être honnêtes et transparentes. En quelque sorte ce ne serait là que le fait du prince qui a voulu que ces deux grands partis soient toujours majoritaires dans toutes les assemblées élues.
Mais ce ne sont là que des analyses, qui quelles que soient leur degré de précision et leurs arguments ne peuvent se vérifier que lorsque les prochaines élections auront lieu et que le verdict des urnes sera connu. Car cette fois, les autorités se sont fermement engagées à ce que ces élections soient d’une grande probité et que surtout la porte des quotas est totalement close, et c’est le président de la République en personne qui l’a confirmé dans sa dernière rencontres avec les media nationaux en assurant que « l’ère des quotas est révolue ».
Et si l’on concède que le prochain parlement risque de ne plus être majoritairement contrôlé par le mouvement nationaliste que représentait jusque là le FLN et le RND, alors de quelle couleur politique sera-t-il ? Pour les mêmes analystes, il y a de fortes chances pour que la prochaine APN soit majoritairement occupée par les députés de la mouvance islamique. Le Hams de Abderrazak Mokri, le FJD de Abdellah Djaballah et celui d’El Bina de Abdelkader Bengrina tiennent la corde selon eux. D’ailleurs ces partis semblent bien décidés à s’investir de manière totale et en force lors de la campagne électorale qui s’ouvrira au mois de mai prochain.
Mais ce ne sont là que des projections qui ont besoin de se vérifier sur le terrain. Et même si une bonne partie des partis labellisés « démocrates » ont annoncé leur boycott, il reste que certains comme « Jil el Jadid » de Sofiane Djillali ont leur carte à jouer. Et à cela il faut aussi ajouter la grande inconnue de la représentation de la société civile et des jeunes associations qui n’ont pas encore dit leur dernier mot, et qui sont en train de s’organiser pour entrer, en force, dans cette bataille électorale.
Par Abdelmadjid Blidi