mardi , 20 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>La demande mondiale de GNL devrait reprendre cet hiver </span>:<br><span style='color:red;'>L’optimisme prudent des pays gaziers</span>

La demande mondiale de GNL devrait reprendre cet hiver :
L’optimisme prudent des pays gaziers

Le principal facteur à une éventuelle déprime du marché est intimement lié au climat hivernal qui peut connaître des températures douces. Associé aux effets de la pandémie de coronavirus, le cocktail peut décevoir les pays producteurs de gaz.

La situation très difficile que traverse le secteur des hydrocarbures pourrait connaître une issue positive avec l’arrivée de la saison hivernale. Les experts du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) affichent un certain optimisme et assurent que «la demande de GNL augmentera de 4 milliards de mètres cubes (bcm) cet hiver et cela est alimenté par la croissance en Chine, au Japon et en Asie du Sud». Ces prévisions, plutôt encourageantes pour un pays gazier comme l’Algérie, sont également corroborées par les représentants de Refinitiv, principal fournisseur d’informations. C’est dire le sérieux de la nouvelle, transmise, hier, lors d’une vidéoconférence intitulée «Winter Outlook for Global LNG -Cautously Optimistic». Organisée par le GECF, cette conférence apporte un éclairage intéressant pour les membres du Forum, d’autant que les conférenciers notent également que «l’approvisionnement en GNL devrait également augmenter, sous l’impulsion des Etats-Unis», affirment les experts. La plus puissante économie de la planète, actuellement affaiblie par l’impact de la pandémie conserve beaucoup de ressources et pourrait être au rendez-vous de l’hiver. Ainsi et compte tenu de ces prévisions, la mécanique de l’offre et de la demande, amène à la prévision suivante, à savoir que «le marché du GNL sera légèrement plus serré que l’hiver dernier de 1 milliard de mètres cubes». Ce retour à des niveaux de consommation comparable à ceux de l’année dernière est une bonne nouvelle pour les pays producteurs, même si l’indexation des prix du gaz sur ceux du pétrole risque de réduire de la portée de la relance du secteur. Il reste que globalement, on reste optimiste au GECF, considérant que l’annonce des experts devrait satisfaire le marché. La cause principale de cet élan de satisfaction tient du faire que depuis plusieurs mois, la demande a été très faible en raison de la pandémie du coronavirus.
Mais cette bouffée d’oxygène pour un secteur qui en a tant besoin, peut ne pas être de l’importance attendue. Et le principal facteur à une éventuelle déprime du marché est intimement lié au climat hivernal qui peut connaître des températures douces. Associé aux effets de la pandémie de coronavirus, le cocktail peut décevoir les pays producteurs de gaz. Il faut savoir à ce propos que l’année dernière l’hiver «a été exceptionnellement chaud pour l’hémisphère nord, ce qui a freiné la demande de GNL. Dans le cas de ce dernier, l’effet à part entière du Covid-19 n’est pas clair, d’autant plus qu’il s’aggrave actuellement dans de nombreux pays et se stabilise dans d’autres», retiennent les experts. Le Secrétaire général du GECF, Yury Sentyurin ajoute à cette prévision négative qu’«à bien des égards, le Covid-19 a souligné l’importance des données afin que nous puissions cartographier et comprendre les effets économiques et sociaux des mesures liées à la pandémie».
Les intervenants à la conférence concluent, concernant la dynamique des prix, «que les marchés entrent dans une période de surproduction due à la convergence croissante des prix mondiaux du gaz, il est important de garder un œil sur la direction des hubs gaziers comme le Henry Hub, TTF (Title Transfer Facility) et le prix au comptant asiatique».
Rappelons que le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar avait estimé dans un précédent entretien au site électronique britannique S&P Global Platts, que la crise économique provoquée par la propagation de la pandémie du coronavirus et la baisse consécutive des prix du gaz représentent une «opportunité» pour renforcer le rôle du GECF. Malgré les prix bas actuels et l’environnement difficile, M. Attar avait souligné que le gaz resterait un carburant clé à l’avenir. «La situation s’améliorera progressivement et le gaz demeure un combustible de choix et sa part dans le mix énergétique mondial va augmenter», avait-t-il assuré. L’Algérie, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigéria, les Emirats arabes unis et le Venezuela sont membres des deux organisations (Opep et GECF).
Anissa Mesdouf