vendredi , 18 juin 2021

L’urgence d’une nouvelle approche

La mort, les massacres et la désolation font malheureusement, le triste quotidien de plusieurs régions dans le Sahel, qui ce soit au Burkina Faso, au Niger ou au Mali. D’autres pays ne sont pas épargnés en Afrique comme le Nigeria, le Cameroun et même le Mozambique. Une triste image et une réalité amère qui voit cycliquement des dizaines de personnes perdre la vie dans des attaques d’une rare violence et d’une sauvagerie inouïe.
La dernière en date est celle qui a eu lieu au Burkina, dans le village de Solhan, où 160 personnes ont été tuées. Avant au Niger au mois de mars, des hommes armés ont tué 137 personnes dans des attaques coordonnées sur des villages de la région de Tahoua. Cette région dite « des trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina est devenue la plus dangereuse région au monde, où les groupes dijahadiste pilulent et imposent leur diktat à des villageois désarmés et sous la menace permanente de différents groupes armés qu’ils soient djihadistes ou ethniques. Il faut se rappeler dans ce cadre qu’en 2019 des attaques au Mali ont fait aussi 160 personnes dans un village majoritairement peul.
Des massacres qui sont devenus de plus en plus fréquents depuis l’arrivée des Français dans la région. D’ailleurs plusieurs parties d’intellectuels, de politiques et de militaires issus de ces trois pays que sont le Mali, le Niger et le Burkina soutiennent mordicus que la France et l’Otan sont derrière l’instauration de politique de division et de domination, qui leur permet de contrôler la région, mais qui en contre partie, a entraîné ces massacres à répétition.
Ainsi et en plus de différentes difficultés de toutes sortes qui touchent ces pays, qui sont pour rappel parmi les plus pauvres de la planète, ils doivent aussi faire face à cette insécurité pandémique, dues en partie à l’absence d’armée régulières fortes dans ces pays et par conséquent à l’absence plus général d’un Etat fort capable de faire face à ces défis. Il faut dire que cet état de fait, ou de faiblesse, a ouvert les portes à cette présence militaire française qui pose aujourd’hui problème et qui ne fait que compliquer la situation.
Le Sahel doit se prendre en charge et les pays qui le constituent se doivent de trouver d’autres approches que celles qui ont été imposées à ce jour par l’occident et la France en premier. Il s’agit de la sécurité et de la stabilité de toute la région et l’Algérie a forcement son mot à dire comme grande puissance régionale et pays qui partage de longs kilomètres de frontières avec le Niger et le Mali.
Par Abdelmadjid Blidi