lundi , 17 mai 2021

Marginalisation et exclusion des compétences locales

Lors de la dernière session plénière de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) consacrée aux questions orales, le Ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, a fait état d’une baisse «considérable» du budget alloué au FIOFA, précisant qu’il est passé de «175 millions de dinars en 2014 à 40 millions de dinars en 2018». Ce qui, selon lui, aurait fortement impacté la dernière édition de ce festival organisé, on le sait, dans la Capitale de l’Ouest. Interpellé par une députée, le Ministre a, néanmoins, reconnu qu’en plus de «la baisse considérable» du budget , «le manque de professionnalisme» en matière d’organisation a eu un impact négatif sur le déroulement de la 11ème édition du Festival international d’Oran du film arabe (FIOFA), organisée du 25 au 31 juillet de l’an dernier. « Le manque de professionnalisme en matière d’organisation de l’événement, a indiqué le Ministre de la culture, a été constaté aussi bien dans l’hébergement des délégations invitées, le protocole et la programmation des projections ». Et afin de corriger les insuffisances, le Ministre a indiqué que des instructions ont été données au commissariat du Fiofa «afin de trouver des ressources financières en dehors du budget de l’Etat». Commentant cette information devant leur café matinal, les «mauvaises langues» ne se sont pas privées de critiquer le contenu et les contours de ce festival international du film arabe, qui, depuis sa première édition, n’a pas connu les résultats et l’impact espéré en termes de performance et de crédibilité. Ironisant sur les solutions proposées par le Ministre concerné, un ancien cadre municipal en retraite souligne, à juste titre, que ce n’est pas seulement l’argent qui peut régler les carences et insuffisances constatées et, par ailleurs, dénoncées chaque année par la plupart des journaux oranais. En matière de programmation et de choix des films, on est, à chaque fois, passé à côté de ce qui fait et marque réellement l’actualité du cinéma arabe et de son ancrage dans la réalité sociale et politique imposée par la conjoncture mondiale. En matière d’organisation et de communication avec les professionnels et les médias, les observateurs avertis ont toujours dénoncé la marginalisation et l’exclusion des compétences locales au profit de certains cadres et agents dépêchés de la Capitale «à grosses doses de frais de mission». Sans remettre en cause l’intégrité des uns ou l’engagement des autres, il faut bien admettre que les intérêts et les motivations ne sont pas toujours à la hauteur des attentes et des ambitions de la ville d’Oran. «Si les futurs Jeux méditerranéens se déroulent au même rythme que celui du festival international du cinéma… on risque d’avoir de lourdes déceptions… «, lance, abusivement, l’un des plus pessimistes parmi les mauvaises langues locales. Soulevant en même temps les questions et les polémiques sur la gestion et l’organisation du futur événement sportif international, installé par le discours en sublime moyen de faire d’Oran une grande métropole moderne. Mais c’est là un autre débat.

Par S.Benali