lundi , 18 janvier 2021

Mensonges et culte de la régression….

Selon des sources, citées par un confrère de la presse locale, des assiettes foncières récupérées après une opération de démolition du bidonville existant, et relogement des occupants, feront l’objet d’une fiche technique de réaménagement du site». Une fiche qui sera, nous dit-on, élaborée par «des bureaux d’études spécialisés». Et encore une fois, ce genre d’action annoncée est pompeusement inscrit dans un fameux programme de modernisation de la ville d’Oran dont on ne connait ni le contenu ni les contours avec précision. Il est évidemment nécessaire, utile et urgent de prendre rapidement en charge les enclaves foncières récupérées après démolition des bidonvilles sur le tissu urbain, notamment dans certains quartiers très affectés par le fléau, comme Ras El Aïn, Ed Derb, Sidi El Houari, El Hamri. Mais affirmer que ces opérations seraient bien menées car « elles entrent dans le cadre des préparatifs des prochains Jeux méditerranéens» prévus à Oran dans moins de deux ans, relève d’un abus de langage propre à l’éloge des improvisations et à la fuite en avant. Il y a près d’une dizaine d’année, bien avant que la ville d’Oran ne soit retenue pour accueillir les J.M, un ancien wali en poste en visite au vieux quartier Ed-Derb, annonçait avec aplomb et certitude que tous les vieux immeubles délabrés allaient être tous démolis et que cette zone du centre ville allait être entièrement réaménagée et transformée en un espace urbain moderne et attractif «digne du «statut de métropole» de la grande cité oranaise. Aujourd’hui encore on entend ici et là ces mêmes refrains au chevet d’une ville bien gangrenée par le vieux bâti à risque d’effondrement, l’habitat précaire, et la marginalisation des sites et monuments souvent eux-mêmes squattés par des familles en quête de logement neuf. Quand on observe l’état des lieux du quartier historique de Sidi El Houari déclaré pourtant «périmètre urbain à protéger», quand on constate la résurgence des baraques de bidonvilles dans les vieux quartiers de Ras El Aïn et Les Planteurs concernés par un programme spécial de restructuration urbaine déjà vieux d’une bonne décennie, on ne peut que dénoncer encore une fois cette fatalité des échecs récurrents qui pénalise la ville d’Oran, sous le regard naïf et indifférent de bon nombre d’habitants lassés par les mensonges et le culte de la régression…

Par S.Benali