samedi , 8 mai 2021

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Message aux grévistes

L’UGTA a fêté, hier, le 62e anniversaire de sa création. Elle reste, quoi qu’en dise, la première organisation syndicale du pays et porte en elle l’histoire des masses laborieuse et une partie de celle de toute la nation. Les travailleurs algériens ont donné leurs vie pour la libération du pays. C’est tout à fait mérité que l’Etat ait choisi cette date, précisément, pour nationaliser les hydrocarbures. L’hommage est clair et les travailleurs algériens ont de quoi être fiers, sauf que 62 ans après la naissance de l’UTA et 74 ans après la nationalisation des hydrocarbures, la classe ouvrière algérienne se cherche encore une «place au soleil» dans une économie mono-exportatrice qui ne vit qu’à travers les hydrocarbures et les investissements publiques.
Les travailleurs algériens ne sont pas sortis de l’auberge, car le futur immédiat s’annonce plutôt compliqué. Au regard de la situation financière, les conflits de travail, ce n’est pas ça qui va manquer et le seul véritable allié des travailleurs sont la loi et la Justice. Mais lorsqu’on on réclame justice, il est important de respecter toutes ses décisions. C’est en procédant de la sorte qu’on renforce cette institution de la République. Si dans le cas contraire, ont prend ce qui nous arrange et on s’amuse à ignorer les décisions qui vont l’encontre de notre souhait, bonjour l’anarchie.
Les enseignants du Cnespeste et les résident du Camra sont dans cette position plutôt contreproductive qui les met en porte à faux par rapport à la justice de leur pays, dans un conflit qui les oppose à leur tutelles respectives. Qu’auraient-ils perdu s’il se conformaient à l’arrêt des tribunaux ? Assurément pas grand-chose. Au pire, la situation ne changera pas. Ce ne sont pas les quelques jours de suspension d’un mouvement syndical en application d’une décision de justice qui changeraient quoi que ce soit dans le quotidien des travailleurs. Ça peut passer pour de la provocation, mais c’est bel et bien la vérité. Et l’affirmer un 24 février revient à rappeler aux travailleurs actuellement gréviste que l’Algérie a été abreuvé du sang de ses travailleurs. Si ces derniers sont morts en martyrs, c’est pour édifier un Etat de droit. Cela commence par le respect de la loi et des Institutions du pays, combien même on peut estimer que ces dernières n’ont pas été «tendres».

Par Smaïl Daoudi