lundi , 12 avril 2021

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Mystérieuse Algérie

Il est une réalité palpable que personne ne peut remettre en cause : la gestion de la pandémie par les autorité algériennes est l’une des meilleures au monde. Le nombre réduit de morts et de contaminés, le retour des activités économiques et sociales, la sérénité qui caractérise les citoyens vis à vis de cette crise sanitaire et le taux de remplissage insignifiants des unités Covid-19 dans les hôpitaux du pays témoignent de l’efficacité de la réaction algérienne. Mais dans le même temps, c’est bien cette même administration, qui a réussi là où les plus grandes puissances mondiales ont échoué, qui ne parvient pas à se départir de ses «démons bureaucratiques», lorsqu’on lui demande d’accompagner l’effort du redressement économique. Cette spécificité très algérienne de ne faire du bon travail que «dos au mur» fait perdre au pays un temps fou. Et dans ce « temps fou », il y a précisément l’incapacité de briser le plafond de verre des exportations hors hydrocarbures. Les opérateurs nationaux versés dans ce secteur peinent à réaliser des exportations, comme le ferait n’importe qui de ses collègues étrangers. Ils sont victimes d’un système kafkaïen qui rend les coûts plus élevés le transit-time trop long. Cela tient d’une démarche exagérément bureaucratique et provoque assez souvent l’avarie des produits dont les fruits et légumes et des pénalités de retard au niveau de certains ports. Ces pertes sèches à l’exportateur, au trésor public et à l’économie nationale sont le résultat logique des obstacles administratifs marqués par une lenteur impressionnante dans le traitement des dossiers. Cela sans compter les écueils financières et bancaires qui font courir l’exportateur algérien, qui souffre énormément de l’absence quasi totale de coordination entre les départements ministériels en matière d’exportation de certains produits.
Face à ces difficultés, impossibles à imaginer dans n’importe quel autre pays, les instances politiques représentées par le ministère du Commerce promettent des actions fortes pour remédier à l’injustice que subit l’exportateur par rapport au traitement de faveur qui est fait aux importateurs. On évoque, pour « impressionner » l’opinion, l’élaboration d’une stratégie qui mettrait les exportateurs au sommet de la chaîne des valeurs nationale. On veut bien le croire, mais il est entendu qu’entre le discours politique et la réalité du terrain, il y a un monde. La solution ne peut être que dans la déclaration de l’urgence absolue. Pressé par le président de la République lui-même et de façon exclusive et permanente, l’administration peut éventuellement courber l’échine. Mais quand on pense que c’est le même pays qui a réussi le mitrale de la lutte anti-covid-19…
Par Nabil G