dimanche , 25 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>17 octobre 1961- 17 octobre 2020 </span>:<br><span style='color:red;'>Nos martyrs de Paris nous parlent encore</span>
© D.R

17 octobre 1961- 17 octobre 2020 :
Nos martyrs de Paris nous parlent encore

Les policiers français ont commis sur les Algériens un véritable massacre. Le monde entier a vu la barbarie coloniale dans toute sa «splendeur». La violence sans nom exercée sur la communauté émigrée illustrait ce que subissaient les Algériens, dans le cadre des tentatives de l’occupant d’éteindre la mèche de la guerre de libération.

Parmi les dates phares de la guerre de libération nationale, les manifestations du 17 octobre 1961, dont l’Algérie célèbre le 59e anniversaire, figurent en bonne place, puisqu’ils auront été l’un des épisodes qui ont montré toute la cruauté du système colonial. Et plus encore, ils ont mis en évidence la combativité des Algériens et leur unité qu’ils soient en Algérie ou en France. Les manifestations du 17 octobre 1961 ont été un signal fort de l’inéluctabilité de l’indécence qui interviendra moins de neuf mois plus tard. Cela dit, aussi prestigieuse qu’est cette date dans l’histoire de l’Algérie, elle n’en reste pas moins qualifiée de «mardi noir».
A l’origine de la grandiose marche de Paris, un décret discriminatoire pris par le préfet de Paris, un certain Maurice Papon de triste mémoire, soumettant les Algériens à un couvre-feu. Papon ne cachait d’ailleurs pas sa haine des Algériens. En réponse à cette injonction de ne plus circuler dans la capitale française après la tombée de la nuit, la fédération du FLN en France a appelé les membres de la communauté à braver l’interdit et manifester contre le décret raciste. L’appel du FLN était bien entendu associé à une instruction claire en direction des manifestants de ne rien porter sur soi susceptible à être confondu avec une arme. Les Algériens ont répondu massivement et personne ne s’est armé de quelque manière que ce soit. L’objectif des dirigeants de la Fédération du FLN en France était d’éviter toute provocation pour la sécurité des manifestants. Mais c’était mal connaître Maurice Papon qui a lâché ses «chiens» sur des manifestants pacifiques.
Les policiers français ont commis sur les Algériens un véritable massacre. Le monde entier a vu la barbarie coloniale dans toute sa «splendeur». La violence sans nom exercée sur la communauté émigrée illustrait ce que subissait les Algériens, dans le cadre des tentatives de l’occupant d’éteindre la mèche de la guerre de libération. Pourtant, les marches pacifiques avaient pris le départ des quartiers pauvres de la capitale française, avant que les foules ne se dispersent dans les principales artères de Paris pour rallier la place de «l’Opéra» dont les issues sont été fermées par les forces de police. Les forces françaises de sécurité ont tiré à balles réelles sur les manifestants qui ont respecté les instructions interdisant l’usage des armes, se contentant de brandir les emblèmes et les banderoles revendiquant l’annulation du couvre-feu et réclamant l’indépendance de l’Algérie, selon des témoignages des participants et des témoins qui ont relaté l’atrocité des événements vécus, en dépit du black-out médiatique imposé.
Selon les historiens, les manifestations du 17 octobre qui ont eu des conséquences désastreuses ont contraint le gouvernement français à reprendre les négociations avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) qui a été contacté le 28 du même mois pour l’entame des discussions dans la ville suisse Bâle où la partie algérienne était représentée par les regrettés Rédha Malek et Mohamed Seddik Benyahia.
59 ans après cette terrible répression qui a fait des centaines de morts parmi les Algériens, dont une grande partie avaient été jetés dans la seine vivants, dont on a retrouvé les corps des jours et des semaines après les manifestations, l’Algérie se souvient encore de ses martyrs pour l’indépendance du pays. C’est ainsi que le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Tayeb Zitouni, a réitéré vendredi l’attachement de l’Algérie à ses droits pour l’examen et le règlement, «dans leur cadre défini», des dossiers liés à la Mémoire nationale. La question mémorielle, a-t-il assuré, dans ce sens, fait l’objet d’un suivi permanent de la part du ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, notamment en ce qui concerne les dossiers au centre des groupes de travail conjoints, comme celui de la restitution des crânes. Un dossier qui a enregistré «une avancée notable après la récupération, la veille de la célébration du 58e anniversaire de l’indépendance nationale (5 juillet 2020), des crânes de 24 des Chouhada de la Résistance populaire suite à l’intervention du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune», a souligné M. Zitouni rappelant que le chef de l’Etat avait affirmé que cette action se poursuivra jusqu’à la récupération de tous les restes mortuaires des Chouhada de l’Algérie.
Yahia Bourit