mercredi , 25 novembre 2020

Nouveau défi: «le comptage des zones d’ombre…»

L’application des instructions données aux walis lors de leur dernière rencontre avec le Gouvernement, ne cesse, ici et là, de faire l’objet de commentaires, de polémiques, et de critiques alimentant le débat sur l’approche et les contenus de la politique de développement local. A Oran, comme sans doute ailleurs, le Wali en poste a depuis quelques jours multiplié les visites à travers des communes recelant des «points noirs» et des «zones d’ombre» qui semblaient jusqu’ici cachées au regard des décideurs et des élus. Intégré au nouveau vocabulaire de gestion, le concept même de «zones d’ombre» résume bien tout le paradoxe de ces nombreux espaces ruraux, péri-urbain, où parfois même en plein tissu urbain, qui depuis plus de cinquante ans stagnent et végètent des situations de délabrement et de totale marginalisation, dépourvues de toutes commodités ou forme de progrès élémentaire. Avec la croissance démographique galopante, des douars se sont peu à peu transformés en agglomération, réclamant légitimement leur connexion aux réseaux de gaz naturel, d’électricité et d’eau potable. Sans parler de l’absence d’école, de dispensaire ou de moyens de transport permettant l’accès rapide au chef lieu de la Commune ou de la Daïra. Contrairement aux discours démagogiques sur «l’égalitarisme» utopique promis par le vieux système aux commandes, le développement local est resté balisé, et pénalisé, par les incohérences et les carences d’une politique de consommation des crédits ordonnée par des décideurs centraux au gré des humeurs des uns et des visons étriquées des autres. A défaut de décentralisation et de régionalisation intelligente, le développement local dicté par une planification centralisée et aux critères plutôt opaques, ne pouvait que faire l’impasse sur les territoires de proximité. Le choix des décisions d’investissement ne pouvait répondre aux attentes et aux préoccupations de ces populations, de plus en plus nombreuses, qui allaient s’agglutiner autour des grands centres urbains, en quête d’un emploi, d’un logement, et de conditions de vie plus décentes. Par ailleurs, l’absence de l’Etat, dans son rôle de régulateur devant veiller au respect des Lois et des règlements dans tous les domaines, ne pouvait que favoriser toutes les formes de dérives et de dépassements aujourd’hui constatées en différents endroits. Un peu à l’image des recensements des occupants de bidonvilles, du vieux bâti et des mal-logés, qui durent depuis des décennies, on assiste aujourd’hui au comptage de ces «zones d’ombre» devant faire l’objet d’on ne sait quelle miraculeuse stratégie de «modernisation»… Quand on sait que même la grande ville, la capitale de l’ouest algérien, souffre encore de lacunes et de déficits dans différents domaines de développement, on ne peut que verser dans le pessimisme et se dire toutefois qu’il n’est pas interdit de rêver…
Par S.Benali