dimanche , 14 août 2022

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Nouvelle carte politique et partisane

Maintenant que le président de la République a pris pleinement ses fonctions à la tête de l’Etat algérien, les observateurs attendent la composante du nouveau gouvernement qui aura à mettre en pratique l’ambitieux programme du président.
Dans ses toutes premières décisions, le chef de l’Etat, a refusé de reconduire l’ancien premier ministre Nourredine Bedoui qui lui a remis sa démission le jour même de l’investiture. Rien pourtant n’empêchait, dans les us, de reconduire Bedoui, le temps de former le nouveau gouvernement, mais Abdelmadjid Tebboune a voulu fermer la parenthèse de la transition au plus vite. La deuxième décision du nouveau président est tout aussi symbolique et répond aux revendications du hirak, puisqu’il a immédiatement mis fin aux fonctions du ministre de l’intérieur Salah Eddine Dahmoune, qui s’est égaré dans des critiques en direction des composantes du hirak. Deux fortes décisions suivies quelques heures plus tard par la nomination de nouvelles personnalités dans deux postes clés au sein de la présidence de la République, à savoir, le secrétaire général et le directeur de cabinet de la première Institution du pays.
Le nouveau président a clairement pris le parti de se mettre du côté du hirak qu’il a, rappelons le, qualifié de « bénédiction » pour le pays. L’urgent est clairement de faire sortir le pays de cette situation de blocage et de remettre l’Algérie au plus vite dans le bon sens de la marche, sans occulter et à aucun moment, le fait de mettre en pratique une grande partie des revendications du hirak, entonnées depuis le 22 février. Et même si beaucoup a été fait, il n’en demeure pas moins que plusieurs autres revendications ont besoin de se concrétiser pour sortir du risque de l’anarchie et d’entrer dans la légalité de la pratique politique. Et là aussi, le président a invité les jeunes à s’organiser et à former des partis politiques qui garderont la matrice du hirak. Des partis dont la naissance sera facilitée par l’Etat qui veut mettre ces nouvelles composantes de la scène politique et partisane du pays à l’abri de l’argent sale et de la manipulation des forces de l’argent mal acquis.
Pour ce, la personnalité du prochain ministre de l’intérieur est à scruter de prés, car elle donnera le tempo de cette nouvelle carte politique qui se dessine dans cette nouvelle Algérie. Une nouvelle carte politique où les puissants partis d’hier n’auront apparemment plus la place dominante qui a été la leur pendant de bien longues années.
Par Abdelmadjid Blidi