dimanche , 29 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Lutte contre la Covid-19 </span>:<br><span style='color:red;'>Oran se prépare au pire</span>

Lutte contre la Covid-19 :
Oran se prépare au pire

Après une accalmie durant le mois de septembre dernier avec une moyenne de 20 cas par jour, Oran vit actuellement une situation épidémiologique alarmante.

Le directeur de la santé et de la population Abdenaceur Boudaa a tiré hier la sonnette d’alarme lors de la 2ème session de l’Apw en affirmant que la capitale de l’Ouest algérien enregistre depuis le début du mois de novembre, 80 cas par jour. Et suite à des réunions du comité de wilaya de lutte contre la pandémie, un nouveau plan prévisionnel a été élaboré par la direction de la santé pour faire face à toute aggravation inquiétante de la situation.
Surtout que cette recrudescence du nombre des cas a lieu lors de la saison d’automne, une saison propice à la grippe saisonnière. Ce nouveau plan, selon le directeur de la santé, a mis l’accent sur les moyens matériels et humains qui peuvent être mobilisés selon l’augmentation du nombre des cas de la pandémie selon 3 situations. «Nous avons aperçu un relâchement de la part de la population durant le mois de septembre, ils ont cru que la pandémie a disparu, ce qui est faux, les gestes barrières notamment le port de la bavette et la distanciation physique ont été négligés par la population », dira le directeur devant le wali et le P/APW ainsi que les élus de cette assemblée, vu que cette nouvelle pandémie est le sujet d’actualité numéro un depuis le mois de mars dernier. 5 hôpitaux dédiés au Covid-19 peuvent être mobilisés actuellement à Oran avec près de 700 lits d’hospitalisation et 90 lits de réanimation. En cas de l’augmentation du nombre des cas à 120 par jour, l’ensemble des services dans ces hôpitaux seront réquisitionnés et l’activité au niveau de ces 5 hôpitaux retenus se réduira aux urgences médico-chirurgicales et la maternité. Le nombre de lits d’hospitalisation atteindra 1100 lits avec la mobilisation de deux nouveaux hôpitaux, il s’agit de l’hôpital des grands brûlés et celui de Gdyel conventionnés avec les chuo et l’hôpital d’El Mehgoun. «Dans ce cas, tellement il y aura de cas, on ne pourra pas assurer les services médicaux », dira le directeur de la santé et de la population. Concernant les moyens humains, 88 réanimateurs, 600 praticiens et 150 paramédicaux seront réquisitionnés lors de cette situation. Le pire scénario à craindre sera un nombre de cas de plus de 180 enregistré quotidiennement, le nombre des lits au niveau des hôpitaux publics dépassera les 1500 lits et 107 lits de réanimation.
Les cabinets médicaux dont le nombre est de 735 seront également mobilisés. Il sera procédé également à la réquisition des établissements privés soit 26 cliniques privées d’une capacité de 731 lits et 97 lits de réanimation. Pour rappel, le directeur général de l’établissement hospitalier universitaire d’Oran EHU, le professeur Mohamed Mansouri a jugé durant la fin de la semaine dernière, de «catastrophique et de» dramatique» la situation épidémiologique à Oran. Le premier responsable de l’Ehu n’a pas mâché ses mots en affirmant qu’il ya lieu de s’inquiéter, comme le nombre de malades continue d’augmenter d’une manière catastrophique avec de plus en plus de cas en réanimation.
« En ce moment là, nous avons 80 cas qui relèvent des soins intensifs et de la réanimation, chaque jour, nous reçois entre 10 et 15 malades en réanimation, ce qui suppose qu’il y a une virulence de la pandémie et une transmission très aisée, par manque de gestes barrières chez la population, donc ceux-ci aggravent la contamination» précise t-il. Cette situation pourrait être la cause également d’une «mutation du virus, avec de plus en plus de cas graves qui décèdent et qui ne tiennent pas comme avant, une semaine ou 10 jours».
Concernant les nouveaux moyens mobilisés, Mohamed Mansouri ajoute: «nous venons d’installer 120 lits à l’hôpital de Chteibo qui est spécialement dédié au Covid-19, en plus de 20 lits de réanimation, au niveau de la crèche de l’Ehu, une soixantaine de lits de réanimation sont opérationnels, «c’est un virus qui tue, qui se transmet, ce qui le véhicule c’est les citoyens. Nous avons un personnel de santé qui est très épuisé, on ne peut pas continuer pendant longtemps comme ça, s’il n’ya pas de personnel demain, même si on a des structures et des moyens matériels. Cela ne peut pas durer encore». La situation est bien pire, selon le professeur qu’au mois de juillet, «au mois de juillet, on a eu un afflux très important, mais c’est une période ou il y’avait le confinement, ce qui a permis de localiser les clusters et d’avoir une traçabilité des cas, dès qu’un cas arrive, on faisait une PCR, dès qu’elle est positive, on avisait sa famille, et la DSP pour circonscrire le quartier parce qu’il y a un confinement.
Mais maintenant, la situation a changé », conclue t-il. Notons que la 2ème session ordinaire de l’APW a été pour la première fois organisée hier à l’extérieur du siège de la wilaya, plus exactement à la salle de conférence de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis à la cité Djamel. Le point principal à l’ordre du jour, était le budget primitif de la wilaya pour 2021 qui dépasse les 392 milliards de cts.
Fethi Mohamed