dimanche , 29 novembre 2020

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Oran tourne toujours le dos à la mer…

L’extension, et la modernisation, du port d’Oran faisaient partie dans les années 50 des grands axes de développement de la région. Oran, alors considérée comme la plus «européenne» des métropoles méditerranéennes, devait devenir le plus grand pôle de trafic commercial dans cette rive sud méditerranéenne. Et en effet, aucune des grandes enceintes portuaires dans cette zone ne pouvait concurrencer le port d’Oran, tant sa position au passage du détroit vers l’atlantique est stratégique et incontournable. Après l’indépendance, et la terrible marginalisation d’Oran et d’autres grandes villes du Pays par une médiocre politique de «planification centralisée» de la rente pétrolière, l’extension et la modernisation du port furent classées aux oubliettes du système inquiet de sa seule reconduction aux commandes de gestion. Et ce n’est qu’en 2008, il y a deux décennies, que le projet est remis sur la table et courageusement évoqué par quelques responsables locaux de passage. Mais à l’époque, la seule voie routière d’accès au port d’Oran était déjà presque saturée et enregistrait un trafic routier de camions très proche des limites de sa capacité. Il fallait donc bien penser et préparer convenablement le futur pour ce deuxième plus grand port du pays depuis longtemps menacé d’étranglement et de fermeture sur lui-même. Un port, coupé de sa ville, Oran qui selon la formule bien connue du célèbre romancier, ne «cesse de tourner le dos à sa mer». Et avec la douloureuse conjoncture du terrorisme aveugle, le port a été barricadé et cloisonné, accentuant son très faible rayonnement économique dans l’espace méditerranéen. Et des décennies durant, personne parmi les gouvernants n’a songé à investir ce qu’il fallait pour ouvrir le chemin à de plus grandes perspectives. Alors que non loin de là, le voisin marocain se lançait dans le développement grandiose de sa façade nord-atlantique pour y installer l’un des plus grands ports à conteneurs du monde, le port d’Oran à l’image de toute la gestion laxiste du tissu urbain de la ville, est resté marginalisé et pénalisé par un lourd déficit en capacités d’accostage et en aires d’entreposage nécessaires à son «fonctionnement» normal. Les opérations de confortement de quais et de dragage des bassins, trois en l’espace de vingt ans, ne relevaient surtout que de cette même tendance à ne répondre qu’aux situations d’extrême urgence à travers une médiocre politique de replâtrages et de bricolage. Il y a presque dix ans, en 2011, un ancien wali devenu ministre avait pompeusement évoqué un grand projet de nouveau port à implanter du coté de Mers-El-hadjaj sur le littoral oranais. Il est toujours permis de rêver….
Par S.Benali