mardi , 30 novembre 2021

Où va le Liban ?

Depuis plusieurs mois déjà, le Liban connaît des crises multiples, politiques, économiques et financières. Le pays est au bord de l’explosion et la situation s’est compliquée davantage avec la mort de six personnes venus manifester contre l’enquête concernant l’explosion du port de Beyrouth.
Ces manifestations organisées par la communauté chiite et à leur tête le mouvement Amel et surtout le Hizbollah, s’est terminée dans un bain de sang, perpétré par des inconnus qui ont ouvert le feu sur les marcheurs et signé ainsi le basculement du pays dans une phase incertaine qui reste ouverte à toutes les éventualités, dont la plus crainte reste une autre guerre civile, dont tout les prémices semblent aujourd’hui réunies.
La fracture profonde qui caractérise le paysage politique et social dans le pays, n’est pas sans rappeler ces tensions qui ont conduit à la guerre civile de 1975 à 1990 et qui a fait entre 130.000 et 250.000 morts et des milliers d’autres blessés. L’une des guerres civiles les plus meurtrières dans le Moyen Orient et qui n’a pris fin que par le recul des influences des puissances étrangères aussi bien régionales qu’internationales.
Sans gouvernement pendant de longs mois, le Liban n’a cessé de vivre de crise en crise jusqu’à arriver à cette situation de blocage et de division qui n’augure rien de bon dans un pays, marqué ces derniers temps par des ruptures confessionnelles difficiles à contrôler, tant les intérêts des uns et des autres semblent être, encore une fois, dictées par les puissances étrangères.
La chute de la monnaie nationale, le manque de produits de première nécessité, les crises de carburants et la circulation des armes à grande échelle sont autant d’ingrédients pouvant faire retourner le pays à revivre les affres d’un passé sanglant. Les accusations que se portent les différentes factions, dirigées par d’anciens chefs de guerre, font craindre le pire.
Un pire qui peut encore être évité si le peuple libanais fait preuve de l’unité nécessaire pour sauver ce qui est la plus chère chose que vit le Liban depuis 1990, à savoir la paix. Une paix arrachée après des années d’attentats, d’exécution et d’affrontement sanglants entre les enfants d’un même pays.
Par Abdelmadjid Blidi