samedi , 8 mai 2021

Ouverture des cafés et… recul du masque et de la distanciation

Depuis quelques jours à Oran, «la vie normale» semble reprendre son cours après l’ouverture des cafés et des restaurants. Dans les quartiers populaires et les grandes cités d’habitat, comme aux HLM/USTO, la majorité des jeunes, et des moins jeunes, semblent ravis de retrouver leurs tables et leurs chaises pour s’asseoir de longues heures durant devant un thé ou un café, et de refaire le monde, chacun selon son profil et sa vision. Il est vrai que beaucoup parmi eux sont des sans-emplois, désœuvrés, livrés au système de la «débrouille», parfois de la vente illicite de produits divers collectés ou achetés on ne sait comment. A Oran, comme sans doute ailleurs, le café du quartier reste la seule destination prisée par cette catégorie de population enfermée dans la morosité du quotidien et l’absence d’horizons. Certains parmi eux n’ont jamais vu ou connu un grand écran de projection de films, tant il est vrai qu’à Oran les anciennes salles de cinéma n’existent plus depuis très longtemps. Les deux grandes salles de cinémas de la Commune restent fermées, et la cinémathèque n’est fréquentée que par quelques amateurs, amoureux du septième art, en quête de loisirs ou d’évasion. Ainsi, après les grandes restrictions imposées par l’épidémie depuis plusieurs mois, les Oranais semblent presque oublier les risques et le danger du virus pourtant encore bel et bien présent. Il suffit d’observer les groupes attablés au café, les clients dans les magasins et les marchés, les passagers dans les transports urbains, taxis et autobus, pour se rendre compte de l’ampleur de ce «relâchement» dans l’observation des règles sanitaires, port du masque et distanciation. Un relâchement accentué semble-t-il par les dernières mesures d’allégement et d’ouverture de tous les commerces, dictées évidemment par la baisse drastique des revenus des ménages et de la consommation. Bon nombre d’observateurs et commentateurs estiment, à tort ou à raison, que le gouvernement se serait trop empressé de prendre cette décision d’ouverture des cafés et des restaurants. En l’absence de débat public sur la question, on ne peut se forger un avis crédible et pertinent, sans risque de tomber dans la critique abusive ou les simples spéculations. Il faut admettre que les gérants des cafés, bars et restaurants sont aujourd’hui ravis de pouvoir travailler presque comme avant. «Mais ce n’est plus comme avant… déclare ce gérant de café populaire qui se rend bien compte que l’épidémie du coronavirus a laissé des traces indélébiles dans les mentalités et le fonctionnement de la vie en communauté. Avec le début de campagne de vaccination, certains experts avertis avancent l’argument d’une probable immunité collective pouvant, disent-ils, paradoxalement être accélérée par… cette levée partielle des restrictions…