mardi , 11 août 2020

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Passer à autre chose

Dans la plupart des pays, la question a été tranchée depuis le mois de mai. Chez nous la Fédération algérienne de football a trouvé toutes les difficultés du monde à décider de l’avenir de l’exercice 2019-2020. Il faut attendre aujourd’hui, mercredi, pour être fixé sur la décision finale à prendre.
Dans des pays où l’enjeu footballistique pèse des millions et même des milliards de dollars, la question a été vite prise, soit de continuer le championnat, soit de l’arrêter. Des pays pourtant lourdement affectés par le Covid-19 comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou l’Angleterre ont tous bouclé, ou presque, leur championnat après une reprise de quelques semaines. D’autres par contre, ont décidé d’arrêter la saison à l’image de la France ou de la Belgique, mais tous les pays sont déjà passés à autre chose. L’exercice 2019/2020 fait désormais partie du passé.
Pour notre pauvre championnat, on devra donc attendre les décisions du bureau fédéral d’aujourd’hui. Une décision qui s’appuiera sur une consultation écrite envoyée par la FAF aux clubs de ligue 1 et 2. Une consultation d’ailleurs boycottée par certains clubs qui continuent de marchander sur des détails, alors que l’heure est aux décisions et à la sortie de crise.
Trop de temps a déjà été perdu, alors que le pays traverse l’une des pires crises sanitaires de son histoire. Les Algériens n’ont plus la tête au football et au championnat. Un championnat d’ailleurs déjà déserté par le public depuis des années. Il faut dire que nos stades sont devenus avec le temps de vraies arènes de violence quasi hebdomadaires, et ce au moment où le spectacle sur le terrain s’appauvrissait de manière continue.
Il est donc plus que temps de fermer cette parenthèse d’un championnat qui doit être revu de fond en comble, car aujourd’hui il est loin de capter l’intérêt du peuple qui ne vibre que pour sa seule sélection nationale et ses stars qui évoluent dans les championnats européens. Les dirigeants des clubs de football doivent plutôt se concerter pour d’abord réussir le professionnalisme en Algérie et rendre notre championnat plus attractif et surtout moins violent qu’il ne l’est aujourd’hui. Les présidents des clubs doivent cesser de croire qu’ils sont le nombril du monde et comprendre qu’ils ont surtout failli à leur mission. Ils devront se remettre en cause, car ceci et plus prioritaire que la reprise d’un championnat moribond qui se complait de plus en plus dans la médiocrité.
Par Abdelmadjid Blidi