mardi , 29 septembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Intégration des TIC dans l’économie nationale </span>:<br><span style='color:red;'>Plaidoyer pour l’accélération de la transformation digitale </span>

Intégration des TIC dans l’économie nationale :
Plaidoyer pour l’accélération de la transformation digitale 

Les plaidoyers à travers lesquels des experts alertent quant à la nécessité pour l’Algérie d’aller vite vers l’économie numérique, en adoptant un plan global de transformation digitale afin de se dégager des griffes de la rente pétrolière, ne cessent de se multiplier.

Au moment où plusieurs pays ont orienté leurs efforts vers l’élaboration d’un système moderne et efficace de gouvernance aussi bien sur le plan économique, politique que sociétal, l’Algérie peine à développer le secteur des TIC. Ainsi, les spécialistes en la matière réitèrent, à de maintes reprises, des appels pour lancer des mesures urgentes à travers la création des bases d’un nouveau modèle économique qui est devenu, à l’heure actuelle, plus qu’un impératif.
L’appel des spécialistes en TIC a été soutenu par l’expert économiste et Consultant en Business Development, Abderrahmane Hadef, qui a souligné, à travers un post partagé sur Facebook, la nécessité de préparer l’élite algérienne de demain à travers un plan intitulé «L’élite DZ-IT-2030 ».
« Aujourd’hui, l’Algérie se trouve à la croisée des chemins en terme de changement de modèle économique ou plutôt de paradigme Économique », a-t-il indiqué en préambule de son analyste.
Pour M. Hadef, l’enjeu présent est de concevoir un plan de transformation de l’économie algérienne d’un système dit rentier vers un système producteur de croissance soutenu et durable.
« Ce changement de paradigme impose aux décideurs de revoir en profondeur les principes de gouvernance pour leur permettre l’élaboration d’un système moderne et efficace. Un système qui trace une nouvelle trajectoire pour l’économie algérienne qui devrait s’orienter vers une intégration des secteurs économiques les plus importants et dont elle aura à tirer à terme le maximum de profits », analyste-t-il.
M. Hadef a estimé que « dans cette mutation, la transformation digitale doit être considérée comme axe stratégique et prioritaire pour disposer d’un écosystème favorable au développement des autres secteurs retenus dans cette stratégie. La transformation digitale devrait être traitée dans un cadre socio-économico-culturel qui va permettre de revoir en profondeur la relation de tous les acteurs avec le monde du numérique ». L’expert a indiqué que le numérique doit dorénavant devenir un moyen et atout de performance et d’optimisation. Un atout qui facilitera à l’économie algérienne en général et à l’entreprise le passage vers la nouvelle révolution industrielle 4.0. Pour le spécialiste, il s’agit « d’un atout qui viendra moderniser l’administration et les institutions de soutien pour un meilleur accompagnement et une régulation efficiente. La réussite de ce gigantesque projet résiderait dans le poids accordé à la qualité des ressources mobilisées, particulièrement la ressource humaine ».
« Il est aujourd’hui plus qu’urgent de concevoir une politique de formation et de qualification de la ressource humaine pour qu’elle devienne le facteur clé de réussite », insiste l’expert économiste.
Il a souligné dans ce cadre « qu’à cet effet, l’Algérie doit s’inspirer de modèle relativement semblables qui ont déjà entrepris cette mutation. Il faut faire appel à toutes les compétences nationales à l’intérieur comme à l’international pour les associer et leur confier la conduite de cette transition. Des compétences reconnues et dont la qualification n’est plus à démontrer ».
M. Hadef a affirmé que « d’un autre côté, un benchmarking permettrai d’avoir une idée sur des expériences déjà lancées. Pour cela, il suffit de voir l’exemple de certains pays africains tel que le Kenya, l’Éthiopie, le Rwanda ou bien l’Afrique du Sud qui ont fait des choix en s’associant à des géants mondiaux du numérique tel Huawei, pour les accompagner dans la formation de l’élite du digital. Une élite qui prendra dans peu de temps le relai pour la gouvernance des affaires économiques de leurs pays qui serait sans aucun doute un pari plus gagnant ».
À titre d’exemple, l’opérateur chinois, Huawei, assure, chaque année, la formation pour des ingénieurs algériens, spécialisés dans divers domaines liés au TIC.
D’autre part, L’expert a indiqué que « aujourd’hui, nous sommes vraiment dans ce virage qu’il faut bien négocier avec beaucoup d’intelligence et sérénité afin de mettre le train Algérie sur le bon chemin pour entrevoir un avenir meilleur et un épanouissement durable de notre population. L’Algérie dispose de toutes les potentialités pour mener à bien cette mutation et en premier lieu sa formidable jeunesse. Une jeunesse qui ne demande qu’à être mise dans de bonnes conditions pour relever tous les défis possibles ».
Ainsi, des départements ministériels tels que l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et l’éducation doivent mettre en place un plan commun à l’horizon 2030 pour former et préparer l’élite DZ-IT-2030. D’autres départements prendront le relais pour permettre une éclosion économique à cette élite.
M. Hadef a ainsi cité les départements chargés de l’industrie, des télécommunications, du commerce, des finances etc. Pour lui, la révision de la réglementation et des cadres juridiques doit avoir une attention particulière pour créer l’environnement favorable et incitatif pour une parfaite réussite. Une coordination au plus haut niveau politique doit veiller au bon marché de l’entreprise stratégique pour l’avenir du pays.
Samir Hamiche