mardi , 29 septembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Diversification de l’économie nationale</span>:<br><span style='color:red;'>Plaidoyer pour le développement de l’agriculture saharienne</span>

Diversification de l’économie nationale:
Plaidoyer pour le développement de l’agriculture saharienne

Le développement de l’agriculture, au côté du tourisme, constitue un maillon fort pour booster l’économie et diversifier les revenus dont la majeure partie est générée par le seul secteur des hydrocarbures.

Dans ce cadre, la nécessité de mettre en place les moyens nécessaires au profit des agricultures en général et en particulier pour ceux exerçant dans les zones difficiles, a été soulignée par un spécialiste du domaine, le chercheur en agronomie, Ali Daoudi, en l’occurrence.
Intervenant sur les ondes de la chaine IIII de la Radio nationale, M. Daoudi a salué, d’emblée, la création par l’Algérie d’un département dédié spécifiquement au développement de l’agriculture Saharienne, qui vient, indique-t-il, pour valoriser un potentiel agricole important.
« L’agriculture saharienne a connu un développement considérable ces dernières décennies et est devenue même le potager de l’Algérie ; il y’a beaucoup de choses à faire et ce département est tombé à point nommé pour mettre un peu d’ordre », a-t-il déclaré.
M. Daoudi a enchaîné dans le même sillage pour affirmer, par ailleurs, que l’agriculture Saharienne a autant de potentiel que de risques et menaces et donc il faut être conscient de ce potentiel et continuer à le promouvoir, aussi prendre en considération les limites de cette agriculture parce qu’il s’agit de zones particulières et assez fragiles où les ressources sont rares et les conditions climatiques sont extrêmes, ce qui nécessite des mesures particulières construites sur des visions claires et à long terme.
L’intervenant a détaillé les conditions d’une vision de moyen et long terme où il a affirmé qu’il faut d’abord maitriser cet environnement et les ressources disponibles et évaluer les niveaux des menaces et les limites des ressources dont disposent ces zones.
« On parle beaucoup, aujourd’hui, du potentiel hydrique des zones arides et la nappe albienne de cette zone est importante, ce qui est une chance pour l’Algérie d’avoir ce potentiel qui n’est pas exploitable à n’importe quel coût car il faut d’abord maîtriser les conditions pour utiliser la nappe d’une manière rationnelle », a souligné M. Daoudi.
L’invité de la chaîne III a indiqué que dans les zones arides, la vie sans l’eau est impossible, estimant que la nappe albienne dont dispose l’Algérie est « notre assurance-vie », ce qui impose une vision à long terme pour son utilisation.
M. Daoudi a rappelé « que ce qui a été fait pour l’instant est de déverrouiller l’accès au foncier et à l’eau et on a promu une agriculture qui a commencé à donner ses fruits, mais on se rend compte, au quotidien, de ce développement et le temps est arrivé pour construire une vision qui nous permettra de placer cette agriculture dans le cadre d’une stratégie et définir quelle agriculture saharienne on aura dans les prochaines années ».
L’expert a fait savoir que l’Algérie dispose, selon des études spécifiques, de superficies exploitables pour l’agriculture dans le Sahara estimées à 3 millions d’hectares.
Évoquant l’équation «eau-foncier », l’intervenant a révélé l’existence de mesures visant à déverrouiller l’accès au foncier à tous ceux qui s’intéressent à développer une agriculture dans le Sud à travers la mise en place de plusieurs mécanismes qui sont clairement définis.
M. Daoudi a indiqué enfin que l’accès au foncier doit être accompagné par des mesures visant à garantir l’accès à l’eau à travers la prise en compte de l’aspect relatif à la mise en valeur de l’eau.
Samir Hamiche