lundi , 17 mai 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Lutte contre le commerce parallèle </span>:<br><span style='color:red;'>Plus de 1.000 marchés informels éradiqués</span>
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Lutte contre le commerce parallèle :
Plus de 1.000 marchés informels éradiqués

Selon les spécialistes, le développement de la grande distribution est le meilleur facteur de lutte contre les marchés informels. Or, dans ce domaine, c’est le désert en Algérie. Le pays ne compte que 12 hypermarchés et 244 supermarchés.

L’offensive des pouvoirs publics contre les marchés informels, s’est poursuivie tout le long de l’année dernière. Le ministère du Commerce qui a communiqué hier, sur le sujet, a révélé que pas moins de 1.050 de ces surfaces illégales. Le département de Benmeradi suggère avoir fait les deux tiers du chemin, puisque assure-t-il, il existait, au début de la campagne en 2012, quelques 1.453 commerces informels. Il reste que dans ce bilan d’étape tout aussi positif qu’il puisse être, le ministère du Commerce reconnaît quelques faiblesses dont l’apparition de 85 nouveaux marchés informels. Plus que cela, il a été également constaté le retour à l’activité de pas moins de 216 marchés informels après leur éradication.
On aura compris que la lutte n’est pas linéaire et certains commerçants ne semblent pas résignés. Mais, dans le lot, le ministère retient l’insertion dans le tissu commercial légal de 21.239 intervenants qui exerçaient à l’intérieur de marchés démolis. Le rapport reste tout de même assez discutable, sachant que 50.677 intervenants informels ont été recensés en 2012. Moins de la moitié a donc été recasée. Dans la population de commerçants versants dans l’informel, le ministère comptabilise 403 marchés. Il faut savoir que la guerre aux marchés informels ne relève pas de l’improvisation. Le gouvernement s’y était engagé et a déployé les moyens du ministère de l’Intérieur. En même temps que le commerce informel était démantelé, l’Etat a mis en œuvre tout un programme de réalisation d’infrastructures commerciales de proximité. Pour ce faire, une enveloppe de 12 milliards de DA a été dédiée à la réalisation de 784 marchés de proximité relevant du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales. Sur l’ensemble des prévisions, un nombre appréciable de 670 marchés de proximité ont été effectivement réalisés.
Le gouvernement avait également programmé des marchés couverts. A ce niveau, le taux de réalisation reste ridiculement bas, puisque 24 seulement ont été réceptionnés sur les 291 prévus dans le programme lancé par le ministère du Commerce. Mais le programme n’est pas abandonné pour autant et 44 marchés couverts sont en cours de réalisation.
Il faut savoir qu’une étude sur l’économie informelle initiée par le ministère du Commerce en mars 2017, est actuellement en cours et devrait à terme permettre de mieux connaître l’économie informelle. L’enquête qui a pris la wilaya de Tlemcen comme site-pilote, avec en perspective un travail d’envergure nationale à partir de l’année en cours.
Selon les spécialistes, le développement de la grande distribution est le meilleur facteur de lutte contre les marchés informels. Or, dans ce domaine, c’est le désert en Algérie. Le pays ne compte que 12 hypermarchés et 244 supermarchés. Pour résorber le déficit, le gouvernement encourage les opérateurs économiques à investir le créneau, mais ces derniers butent devant le refus des wilayas d’accorder d’immenses assiettes de terrain pour réaliser ce genre d’infrastructures. Des directives ont été données aux Directions régionales du commerce (DRC) ainsi qu’aux Directions de wilayas du commerce (DCW) pour accompagner les investisseurs et les collectivités locales sensibilisées, pour dégager des assiettes foncières susceptibles d’accueillir les projets d’hypermarchés au niveau des wilayas. L’enjeu est de taille, mais encore faut-il que les autorités locales commencent par «désacraliser» l’accès au foncier…
Alger: Smaïl Daoudi