mardi , 20 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>JOURNÉE MONDIALE CONTRE LA RAGE</span>:<br><span style='color:red;'>Plus de 1300 morsures depuis le début de l’année en cours</span>
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JOURNÉE MONDIALE CONTRE LA RAGE:
Plus de 1300 morsures depuis le début de l’année en cours

La Direction de la santé et de la population de la wilaya a révélé hier les statistiques concernant les nombres des morsures de chiens à Oran. En effet, la journée mondiale contre la rage coïncide avec le 28 septembre de chaque année. Depuis le début de l’année en cours, plus de 1300 morsures de chiens ont été enregistrés dont 847 de chiens errants et 432 de chiens domestiques.

Dans 43 % des cas, il s’agit d’enfants âgés de moins de 16 ans. Notons que ces personnes ont été vaccinées et le vaccin antirabique coûte au trésor public entre 4000 et 5500 Da pour chaque unité. La Direction de la santé de la wilaya a tiré la sonnette d’alarme quand à la prolifération des chiens errants notamment en ville, où ils sont utilisés pour le gardiennage des chantiers de construction, et délaissés après la fin des travaux, ce qui représente un risque pour la santé publique.
Notons que la rage est une encéphalite virale grave touchant principalement les mammifères. Après apparition des symptômes, elle est mortelle dans la quasi-totalité des cas. Cette infection est hautement contagieuse par morsure et transmissible de l’animal à l’Homme. Selon l’OMS, la maladie cause environ 59 000 décès humains chaque année dans le monde, pour la plupart dans les zones rurales d’Afrique et d’Asie. 40 % des victimes ont moins de 15 ans. Causés par un virus neurotrope, les symptômes sont principalement neurologiques accompagnés de désordres comportementaux. Classiquement, le sujet atteint peut présenter une agressivité impressionnante qui donne son nom à la maladie, bien qu’il existe aussi des formes plus frustes où le comportement est particulièrement calme.
La rage est une zoonose assez commune qui touche beaucoup les carnivores de certaines régions du monde, et il est impératif de faire vacciner son animal de compagnie pour des destinations où le risque même faible est avéré. Le temps d’incubation est variable selon les espèces. Chez les chiens et les chats, il est en moyenne de 38 jours. Après morsure, le virus se multiplie localement dans le tissu musculaire, d’où l’importance de soins locaux immédiats. Pendant cette phase initiale, le virus ne peut pas être facilement détecté par le système immunitaire, et la vaccination peut toujours conférer une immunité.
Le virus a un tropisme prononcé pour le système nerveux, en particulier les neurones mais aussi d’autres cellules comme les astrocytes10. Après atteinte d’une densité locale suffisante dans le tissu musculaire, le virus diffuse jusqu’à une terminaison nerveuse, le virus va migrer à une vitesse de 8 à 20 mm par jour. Il infecte notamment la cellule pré-synaptique par bourgeonnement de la membrane cellulaire. Une fois que le virus atteint le cerveau, une deuxième multiplication massive a lieu dans les neurones. Ce qui provoque rapidement une encéphalite avec apparition des symptômes.
Les troubles comportementaux (en particulier l’agressivité). Il peut aussi infecter la moelle épinière, provoquant une myélite. Toujours par voie nerveuse, le virus se dissémine ensuite dans tout l’organisme, pour être excrété vers les glandes salivaires, les yeux, la peau et les follicules pileux, les muqueuses nasales et digestives. La mort survient par destruction des zones cérébrales contrôlant l’automatisme de la respiration.
Fethi Mohamed