samedi , 11 juillet 2020

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Populisme quand tu nous tiens

Adoptée par la Chambre basse du parlement, la Loi des finances complémentaire a passé un cap. La prochaine phase dans le processus législatif est bien entendu le Conseil de la nation. Ce qu’il faut retenir de cette première expérience du gouvernement Djerad, c’est qu’un avant-projet de loi des finances ne ressemble pas à un projet de loi et encore moins à une loi de finances, fut-elle complémentaire. Et pour cause, quoi qu’on en dise de l’Assemblée populaire nationale, celle-ci a bel et bien laissé son empreinte. Les amendements apportés au projet du gouvernement auront été principalement à la faveur des consommateurs. Les députés ont réduit les taxes sur les véhicules neufs, tenté de réduire ceux des carburants et, au passage, maintenir un taux bas de la TVA sur l’activité touristique. Un clin d’œil sans doute aux vacanciers qui n’auront pas à dépenser plus, dans le cas où le secteur du tourisme est autorisé à activer.
Il y a lieu de constater que malgré un «travail» qu’on pourrait qualifier d’appréciable de la part de la Commission Finance de l’APN, les députés de l’opposition, composés par ceux du MSP et de Nahda-Adala-Bina ont voté contre le PLFC. Ainsi, même si le gouvernement n’a pas réussi son passage à 100%, l’opposition reste inflexible et ne manquera pas d’attaquer la LFC comme un texte impopulaire. Cela relève d’un fonctionnement « normal » de tout pouvoir législatif, sauf que dans la configuration de l’APN, on ne sait pas différencier la gauche de la droite.
En tout état de cause, les observateurs de la scène parlementaire retiennent que les partis algériens, au pouvoir, comme à l’opposition n’aiment pas les taxes. Une spécificité très algérienne qui amène à se poser la question du modèle de diversification économique. En effet, pour financer le budget de l’Etat, les gouvernements, de droite comme de gauche, sont censé puiser dans les recettes d’hydrocarbures ou dans la valeur ajoutée des activités de production et de service. Cela s’appelle des taxes. Alors la question aux députés s’impose : Comment peut-on faire tourner un Etat tourné vers le social, en éliminant toutes les taxes ?
Osons donc le mot et reconnaissant que nos députés n’obéissent pas à une logique politique ou idéologique, mais veulent tout simplement plaire au bon peuple. Ça aussi, ça a un nom : Le populisme. Cela pour dire que les futurs députés de la nouvelle République ont le devoir de se départir de cette attitude et dire la vérité, toute la vérité aux Algériens.
Par Nabil.G