mercredi , 28 octobre 2020

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Pour un toit décent

Les audiences des ministres par la Commission Finances de l’APN, se poursuivent à un rythme soutenu. Les députés qui ont enfin l’occasion de faire leur métier, ne se privent pas d’apostropher les membres du gouvernement sur les aspects sociaux de la loi des Finances 2020. L’exemple de l’allongement de l’âge du véhicule usager admis à l’importation par les citoyens est, à ce titre, édifiant. Il reste que si l’exécutif et le législatif ne s’entendent pas sur certains détails concernant le budget de l’année prochain, il reste un secteur, personne, député compris, où l’on ne peut pas accuser l’Etat de ne pas faire le nécessaire pour en juguler les effets négatifs, c’est bien celui du logement. En ces temps de crise planétaire, l’Algérie est l’un des rares pays au monde à construire des centaines de milliers de logements, malgré la baisse des recettes pétrolières et le risque de faillite financière du pays. L’objectif poursuivi par les pouvoirs publics, est éminemment social en apparence. Cependant, tout un chacun sait que derrière cette course contre la crise du logement, il y a comme une volonté des plus hautes autorités de parachever l’indépendance de la société algérienne.
Pour tout Algérien, l’accès à la propriété immobilière est la confirmation de son statut de citoyen à part entière. D’ailleurs, lors des reportages diffusés par les télévisions à l’occasion de distribution de logements, le «enfin indépendant» revient de manière systématique dans les propos des bénéficiaires. C’est dire la forte symbolique du «toit» dans l’existence d’un citoyen. Il faut dire que la principale image que l’on garde de la colonisation, est ces gourbis qui faisaient office d’habitation pour l’écrasante majorité des Algériens. Aussi, voir les bidonvilles qui ceinturent les grandes villes du pays, provoque un malaise et renvoie automatiquement à l’époque noire de la colonisation.
65 ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale et 57 ans après l’indépendance, force est de constater que le rêve de débarrasser le pays des stigmates de la grande pauvreté qui se matérialise à travers l’habitat précaire n’est toujours pas d’actualité.
Cela, pour le principe. Sur le terrain, l’on est obligé de relever que la gestion de ce dossier n’a pas été un modèle du genre. Et pour cause, à un moment, une mafia de l’immobilier a tout simplement organisé une sorte de hold-up de l’idéal de novembre. Une partie des millions de logements construits, ont été détournés. C’est un secret de polichinelle. Les différents ministres du secteur de l’Habitat ont promis d’y remédier à travers le fichier national du logement. Cet instrument a considérablement réduit le trafic. Un bon point, mais la lutte pour un toit décent ne finit jamais….

Par Nabil.G