dimanche , 28 février 2021

Pour une réorganisation des structures du secteur de l’Environnement…

On ne dénoncera jamais assez les carences et les dysfonctionnements du système de gestion des affaires locales dans bien de domaines d’organisation et de fonctionnement de la vie collective. Notamment en matière de préservation de l’environnement et de protection de la nature où l’on assiste encore et toujours à de médiocres balbutiements et agitations stériles ne servant qu’à camoufler les échecs et la régression. Il y a quelques jours à Oran, des agents de la direction de l’environnement et des membres d’une curieuse association d’ornithologie dénommée «ChafiAllah» étaient en visite sur l’espace boisé de l’université des sciences et de la technologie Mohamed Boudiaf (USTO) pour constater, et dénoncer, la prolifération de la chenille processionnaire, un parasite qui s’attaque aux arbres bien touchés dans cette forêt qui s’étale sur plus de cinq hectares dans le périmètre de l’université. Pourquoi pas, pourrait-on dire à priori. Mais on peut néanmoins s’interroger sur le rôle et la mission première des services de l’environnement et de cette association d’ornithologie, qui, en principe, n’ont pas pour vocation de lutter contre la chenille processionnaire, une attribution relevant essentiellement des techniciens de la conservation des forêts qui depuis très longtemps connaissent le phénomène et maitrisent les techniques d’éradication de la chenille en milieu forestier. Par ailleurs, même les opérations de nettoyage et débroussaillage de cette forêt ont de tout temps été initiées par les responsables de l’université et les syndicats étudiants qui participaient jadis à la mobilisation des étudiants bénévoles pour ce genre d’actions. Un programme, établi par les services des forêts avec l’administration de l’Université avait été élaboré il n’y a pas longtemps, visant à la régénération des arbres malades et à la plantation de nouvelles espèces plus résistantes à l’attaque de la chenille processionnaire. Comment alors comprendre certaines envolées médiatiques laissant croire que seule la Direction locale de l’environnement serait aujourd’hui aux premières lignes du combat pour la protection des arbres et du tissu végétal même en milieu urbain. Une mission relevant plutôt des services de l’APC, en collaboration avec l’institut local de la protection des végétaux. Selon un observateur averti, cet empiétement dans les attributions a fini par instaurer un climat de malaise, voire de «détestation» entre les différentes institutions. Il est vrai que les structures décentralisées du Ministère de l’Environnement ne devraient s’articuler qu’autour des missions d’études, d’inspection et de contrôle visant à faire respecter la réglementation dans les différents domaines de lutte et de prévention contre les risques majeurs de pollution. Bon nombre de dossiers, dont celui de la Sebkha, des entreprises et industries polluantes, des implantations d’activité nuisibles en zones résidentielles, et de bien d’autres aspects liés à la protection de l’environnement sont plutôt ignorés, marginalisés, par une organisation des structures du secteur qui mériterait bien d’être revue et corrigée…
Par S.Benali