lundi , 28 septembre 2020

...:
Pourquoi le 1er novembre

La date du 1er novembre a été fixée par le président de la République pour organiser le référendum sur la nouvelle Constitution. Quoi qu’on en dise, le déclenchement de la guerre de libération nationale est encore bien frais dans la conscience collective. Contrairement à beaucoup d’autres pays, les témoins de l’épopée libératrice de l’Algérie sont encore parmi nous et la transmission générationnelle est faite au quotidien. Il n’est pas un Algérien qui ne sache pas la grandeur de cette date. Et l’on a bien vu cela tout le long qu’a duré le mouvement populaire du 22 février 2019. Quel est donc l’objectif du président en mettant cette date mémorable pour tout le peuple, au cœur du débat pour l’Algérie nouvelle ? Cette question doit être posée et débattue par les Algériens. La réponse pourrait être simpliste, voire politicienne. Certains pensent déjà que le chef de l’Etat veut surfer sur cette date historique pour accomplir un «petit coup politique». Disons franchement que c’est « petit » de penser de la sorte. Il faut pousser la réflexion plus loin et dans le même temps s’intéresser au fond de la révision de la Constitution. Dans l’équilibre des pouvoirs, le rôle imparti à la jeunesse, la mission des institutions…. La nouvelle Constitution propose un texte fondamental qui pourrait véritablement enclencher une révolution citoyenne, tranquille et qui fera faire au pays un bond historique en avant.
La date du 1er novembre n’est pas fortuite, mais encore faut-il que les Algériens sachent donner à la Constitution la dimension de l’appel du 1er novembre 1954. Ce ne sera certainement pas facile, comme l’a été la guerre de libération nationale. Il va falloir défendre l’idée d’une République démocratique et véritablement moderne. Le combat durera le temps qu’il faudra, mais au final, la société débouchera sur un autre 5 juillet. C’est cela le sens profond de la date du 1er novembre. Le président de la République ne dit pas aux Algériens, «je vous libère», plutôt «nous allons combattre tous ensemble pour atteindre l’idéal des chouhadas». C’est dire que l’acte de vote ne sera pas la fin des problèmes, mais le début d’une autre aventure révolutionnaire. Elle ne sera pas violente, mais elle sera déterminante pour la pérennité de la nation algérienne. Il faut que les générations à venir retiennent une bonne fois pour toutes que l’indépendance n’est pas chose aisée à obtenir. Il suffit de savoir que ça s’arrache pour en mesurer son poids. Et pour l’arracher, comme nous l’avions fait, il faut être vraiment spécial. Et le peuple algérien l’est suffisamment pour accomplir un autre miracle.
Par Nabil.G