samedi , 17 avril 2021

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Production nationale: où sont les politiques ?

Au lendemain d’une réunion sur les exportations qui n’a pas fait bouger la sphère politique, ni fait frémir les médias, le Premier ministre s’apprête, aujourd’hui, à inaugurer la Foire de la production nationale. L’évènement n’est certainement pas banal, en tout cas, il ne devrait pas l’être, mais force est de constater qu’aucun journal, aucune radio et aucune de nos chaînes de télévision n’ont annoncé l’événement. Pourtant, en ces temps de tournant dans la gestion de l’économie nationale, on pensait qu’une Foire exclusivement réservée à la production nationale, allait faire bondir tout le gotha politico-médiatique. D’abord parce que du côté de l’opposition, on pestait contre un gouvernement qui ne faisait rien pour booster la production nationale. Et du côté du pouvoir, on multipliait les preuves de bonne volonté sur la détermination de l’exécutif à faire en sorte à ce que le modèle de consommation s’algérianise au maximum. Deux bonnes raisons qui devaient garantir le succès de la manifestation économique.
Cependant, la réalité est tout autre. Il semble que tout ce beau monde n’a rien à faire des quelques centaines de petites et moyennes entreprises, venues des quatre coins du pays pour exposer leurs produits et le cas échéant leur trouver un petit débouché sur un marché encore pris en otage par le Made In China.
A croire que les entreprises algériennes qui tentent de sortir le pays de la spirale de l’import-import, ne sont pas dans le vend. Elles sont, disons-le, un poil ringardes. A voir la froideur des médias, l’on est amené à croire que le Made In Algeria n’est pas vraiment la priorité des politiques de ce pays.
La raison de ce comportement, tient dans le manque de confiance que chaque Algérien éprouve vis-à-vis de ce qui se fabrique en Algérie. Aussi, lorsque le gouvernement organise une Foire de la production nationale, ce sont les conseillers économiques et commerciaux auprès des ambassades de nombreux pays accrédités en Algérie qui s’y intéressent. Mais ils l’ont pour la forme. Ils vivent en Algérie, ils connaissent le manque d’entrain de la scène politique, exclusivement intéressé par les attraits du pouvoir, pour ce qui concerne les initiatives privés et publics pour densifier le tissu économique du pays. Même si cette sphère économique a réussi à relever le défi en alimentant correctement le marché, malgré l’interdiction d’importation de plus 800 produits, les politiques refusent d’y voir une matière à débat fécond.

Par Smaïl Daoudi