jeudi , 22 octobre 2020

Prolifération de l’habitat précaire et illicite

Malgré les nombreuses opérations de démolition opérées par les services du secteur urbain de Sidi El Houari, de nouvelles constructions illicites sont régulièrement signalées par les habitants du quartier des Planteurs. Profitant des multiples opérations de relogement qui ont ciblé les sites des Planteurs, Ras El Aïn et Terrain Chabat, plus de 300 constructions illicites ont été érigées.

Une simple petite virée au quartier des planteurs permet de constater que le décor urbain n’a pas véritablement changé depuis ces cinq dernières années. En effet, tout observateur averti peut aisément noter que malgré les opérations de démolitions annoncées ici chaque année, un grand nombre de sites où l’habitat illicite aurait été rasé après le relogement des occupants est de nouveau occupé par des constructions sauvages, souvent signalées et dénoncées par les habitants du quartier, recensés, titulaires de décision de préaffectation et en attente de relogement.

Selon une source proche du secteur urbain de Sidi El Houari, plus de 400 nouvelles baraques auraient été érigées par de nouveaux candidats au relogement. Des familles, nous diton, venues d’un peu partout, des quartiers populaires de la ville, de douars périphériques et même de wilayas plus éloignées. Des citoyens qui, pour la plupart ne semblent nullement conscients de leur statut de «squatteur illicite», mais qui mettent en avant la coquette somme dépensée pour «mettre à l’abri leur famille» et rêver d’un toit décent. «Ici, explique un habitant, tu peux acheter l’emplacement ou la construction achevée et tu peux même trouver en vente un papier de préaffectation si tu fais confiance au vendeur…».

Selon d’autres témoins, la plupart de ceux qui ont été relogés ne sont venus là qu’après décembre 2007, date butoir arrêtée il y a longtemps pour mettre un terme au relogement des occupants de bidonville. Mais comment croire que l’Etat nourricier puisse du jour au lendemain stopper les recasements et la distribution du logement social devenue indispensable à la lutte contre la prolifération de l’habitat précaire et illicite. Une lutte annoncée et menée depuis des décennies sur un fond de démagogie et de populisme digne de la langue de bois des années de plomb et de la pensée unique…
Par S.Benali