samedi , 17 avril 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Aïn El Türck | Détournement du foncier, tarissement des biens communaux, etc.</span>:<br><span style='color:red;'>Quand les lois de la République sont bafouées</span>
© D.R

Aïn El Türck | Détournement du foncier, tarissement des biens communaux, etc.:
Quand les lois de la République sont bafouées

Aucun, parmi les plus avisés des observateurs de la scène locale, n’aurait parié, un jour qu’un tel état de délabrement serait atteint par la station balnéaire d’Aïn El Türck, livrée à la voracité des prédateurs qui l’ont dépecée, comme un fauve dépèce sa proie.

Les walis qui se succèdent à Oran et les chefs de daïras à qui l’on confie la gestion de cette zone balnéaire, ont beau déployer toute leur énergie pour la tirer de son marasme, ils finissent par se rendre compte que la résistance des cercles maffieux incrustés dans le paysage et ayant pignon sur tout, avec leurs relais dans les administrations locales, dans les assemblées, dans les établissements de loisirs et même parmi la société civile, finit souvent par avoir le dessus. Non pas que l’autorité de l’Etat soit absente ou que les pouvoirs publics sont insuffisamment dotés en moyens coercitifs, mais parce que cette forme de concomitance entre les différents cercles maffieux, a pris des racines indéracinables et est perpétuée d’année en année, notamment à travers les assemblées, élues sur des pactes tribaux, basés essentiellement sur la préservation des intérêts et des privilèges. Chaque nouvelle assemblée communale doit veiller à ne pas lever le couvercle de la marmite et surtout elle doit veiller à penser comment tirer un maximum de profit du mandat. Le cas de l’actuelle APC d’Aïn El Türck qui fonctionne avec 5 élus seulement sur 19, est illustre à plus d’un titre. Le «mérite» de cette assemblée, est celui de surclasser les précédentes par sa rapidité à déclencher une guerre sans merci entre deux groupes distincts à moins de 2 mois seulement après son installation !
Du jamais vu, pourtant en termes de mauvaise gestion, l’assemblée sortante s’est distinguée par le grand nombre de scandales de tout le pays. Pour preuve, pas moins de 5 affaires, pour ne citer que les plus illustres, toutes relatives au détournement du foncier, au faux et usage de faux, à la dilapidation des biens communaux, à la disparition de registres officiels de l’urbanisme, sont instruites devant la justice et impliquant un grand nombre d’élus actuels et passés. Il a fallu, moins de temps dans cette nouvelle assemblée communale pour déclencher les hostilités. La cause: la coopérative El Wihda.
Un projet vieux comme la terre, mais voué à l’échec, suite au refus du maire de valider l’attribution de l’assiette. Les orgues de Staline sont sortis, la foudre s’abat sur la ville, les réseaux locaux sont activés pour porter la parole dans les cafés et les marchés. L’homogénéité de l’assemblée populaire volera alors en éclat, pour laisser place à un véritable champ de bataille par communiqués interposés.
Toutes les médiations se sont avérées vaines. Un élu de l’APC s’est même permis le luxe de confier à voix haute, devant le DRAG de la wilaya dépêché pour désamorcer le conflit, qu’ils (les élus réfractaires), ont perçu leurs indemnités alors n’ont jamais travaillé pour discréditer le maire ! Ces réfractaires, au nombre de 14, qui ont profité, tout autant que le maire d’ailleurs, d’une certaine forme de nonchalance des pouvoirs publics, pour bafouer les lois de la République en percevant leurs indemnités, en boycottant durant plus de 10 mois maintenant, toute délibération communale.
Le plus grave, est le fait qu’ils continuent à percevoir ces indemnités, et ce, à un moment où les collecteurs des ordures ne sont pas payés et les employés de l’APC sans salaire. Ces mêmes lois de la République, qui ont été bafouées par les aménageurs attitrés d’Aïn El Türck qui ont falsifié à leur guise, les POS (Plan d’occupation du Sol) et les PDAU, comme cela est le cas dans la coopérative immobilière Benzerga ou encore celle de Saint Roch, jusqu’à hypothéquer définitivement l’avenir de la région, comme ont eu à le constater les responsables de l’URBOR dans le cadre de la révision du Plan d’aménagement intitulé «Aïn El Türck 2030».
Le décor sera planté avec le tarissement du sommier de consistance, cataloguant les biens et équipements communaux de la commune, dont nombre d’entre eux, sont complètement perdus pour avoir été cédés par d’ex-élus à des particuliers.
Karim Bennacef