dimanche , 14 août 2022

Quand les pyromanes s’adjugent le beau rôle

Nom: Nancy Pelosi. Âge:82 ans. Profession : présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. Hobby : créer des tensions, là où il ne le faut pas. Car sinon comment interpréter la visite de la responsable américaine, ce 2 août à Taiwan, autrement que par une tentative de provocation manifeste envers la Chine?
Madame Pelosi ne pouvait ignorer que cette visite allait mettre Pékin dans tous ses états et pourrait même déboucher sur une guerre dont le monde aurait bien pu en faire l’économie en ces temps de grandes crises.
La Chine a déjà mis son armée en état d’alerte maximale et engagé des manœuvres jamais observées auparavant et semble se préparer à une attaque contre l’île de Taiwan, laquelle a, elle aussi, mis ses forces en alerte et se dit prête à toute attaque de Pékin. Les Américains, qui ont allumé la mèche, ont eux aussi mis leurs forces dans la région en état d’alerte.
Si dans le monde plusieurs capitales ont préféré faire profil bas et ne pas commenter cette visite et ses probables répercussions, ce n’est pas le cas de Moscou, qui a parlé d’une «pure provocation». Et les Russes ne se sont pas arrêtés là, accusant ouvertement les Américains de vouloir « déstabiliser le monde », ajoutant comme pour mieux enfoncer le clou contre Washington, « pas un seul conflit réglé dans les dernières décennies, mais plusieurs provoqués»
On peut y adhérer ou pas, mais force est de reconnaître que le monde qui tremble déjà face au conflit ukrainien, qui peut déboucher sur les pires scénarios possibles y compris une guerre généralisée, pour ne pas dire mondiale, n’avait nullement besoin de cette très peu diplomatique visite de la responsable américaine, qui a tenté, après coup, de tempérer les choses en déclarant que « Les Etats-Unis continuent de s’opposer à tout effort visant à changer le statu quo sur l’île», mais elle n’a pas convaincu beaucoup de monde et surtout pas les Chinois qui ne décolèrent pas et assurent que «Les Etats-Unis auront assurément la responsabilité des conséquences et devront payer le prix de leur atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Chine».
Maintenant et si jamais les choses dérapent dangereusement, les Occidentaux nous ressortiront à coup sûr leur fameux refrain de la dualité entre la démocratie et l’autocratie, le souci de la paix face à la guerre, la primauté du monde libre sur les dictatures, et feront tout pour avoir comme toujours le beau rôle. Et nous, nous devrions nous y accommoder comme à chaque fois, même si ce sont eux qui allument toutes les mèches et les conflits un peu partout dans le monde.
Par Abdelmadjid Blidi