dimanche , 29 novembre 2020

:
…Qui ne dit mot consent !

Les annonces et appels au «boycott» de la cérémonie officielle de commémoration de la journée nationale de la presse, publiés sur le réseau Facebook, n’ont pas empêché ni dissuadé le Wali d’Oran d’organiser la traditionnelle rencontre annuelle permettant de «rendre hommage» aux journalistes invités à une collation. Au vu des images de la cérémonie publiées sur la page facebook officielle de la Wilaya, on constate une faible présence des membres de la corporation, y compris ceux de la presse publique. Et selon un confrère présent à la rencontre, rares, très rares étaient les journalistes présents, exerçant dans les grands médias ou connus pour leur professionnalisme et leur crédibilité. Néanmoins, ceux qui ont répondu à l’invitation ont eu droit aux gâteaux, au petit cadeau avant le discours rituel du Wali, et du président d’APW, affirmant, comme toujours, «leur respect et leur estime envers les journalistes qui exercent un noble métier». Ce fut également l’occasion de prendre la fameuse «photo de famille» des journalistes avec les autorités locales. Mais cette année, la faible participation des journalistes confirmés et reconnus dignes de leur statut, a permis à quelques acteurs présents, toujours les mêmes, de s’installer aux premiers rangs de la scène des agitations protocolaires érigée en mode de communication. Et bien plus que les années précédentes, on a pu se rendre compte de l’ampleur du déficit de mobilisation, de coordination et d’union, qui ne cesse d’empêcher la presse locale oranaise de s’organiser en véritable force de propositions et d’actions en faveur du progrès et du développement d’Oran et de sa Région. Rappelons, pour illustrer le propos, que depuis des années, les journalistes et correspondants à Oran demeurent dispersés dans différentes organisations, associations, clubs et autres cercles créés le plus souvent pour répondre à d’obscurs intérêts de clans. On a même pu constater parfois que des énergumènes, n’exerçant dans aucun organe de presse, mais adeptes de la «roublardise» permise par le système, avaient réussi à mettre en place de présumés cercles d’expression dédiés essentiellement à l’éloge et marques d’allégeance aux décideurs en poste il y a quelques temps. Aujourd’hui, certains d’entre eux semblent réussir leur «reconversion» miraculeuse à l’Algérie du Hirak et des changements. A ce jour, rien encore ne permet de dire que la presse locale oranaise est en mesure de s’installer sur l’arène locale en véritable contre-pouvoir permettant de protéger et de renforcer les aspirations collectives au progrès et à la modernité dans tous les secteurs d’activités. Malgré les efforts de quelques confrères, connus pour être de véritables professionnels intègres et compétents, qui ne cessent de dénoncer des failles, des lacunes, des carences et des dysfonctionnements constatés ici et là à travers tout le territoire de la Wilaya, les pouvoirs publics et les responsables locaux successivement nommés à la tête de la Wilaya font le plus souvent mine d’être à l’écoute mais restent hélas eux-mêmes dépassés par les carences, les lenteurs et les pesanteurs d’un système global de gestion devant être totalement revu et corrigé. Tandis que partout ailleurs dans les autres wilayas des maisons de presse ont été inaugurées, à Oran le dernier projet promis et annoncé il y a quelques années, celui de l’affectation aux membres de la profession des anciens locaux de l’Organisation locale des Moudjahidines, reste rangé aux oubliettes de la toute puissante bureaucratie. Et ce n’est qu’à l’occasion de ces rencontres annuelles dédiées à la presse que le sujet est de nouveau évoqué, avant d’être oublié. L’indifférence et la passivité collective des journalistes oranais, s’additionne au laxisme des responsables de passage qui ne cherchent qu’à «gagner du temps» en attendant sans doute leur prochain lieu d’affectation. Comme ce fut le cas récemment… Mais qui ne dit mot… consent !
Par S.Benali